Lotharius Magister, pour vous en resservir

29 juin 2011

Laurent Wauquiez l’antisocial

Ce lundi 20 juin 2011, l’émission politique « Mots Croisés », animée par l’excellent meneur de débats Yves Calvi, confrontait en première partie d’émission d’une part M. Laurent Wauquiez (UMP), secrétaire d'État aux Affaires européenne et M. Jean-Louis Bourlanges, centriste anonyme et débonnaire n’exerçant aucun mandat électoral et, d’autre part, Mme Élisabeth Guigou (députée PS) et M. Jean-Luc Mélenchon (député européen FDG).


Jean-Luc Mélenchon invité de "Mots Croisés" le... par lepartidegauche

Je pourrais m’attarder, dans ce billet, à accentuer la bonne prestation médiatique des deux protagonistes de gauche qui n’ont pas eu de mal, à force d’arguments et en posant les questions justes, de démontrer l’ineptie du discours de M. Wauquiez, qui se débrouillait pourtant déjà très bien tout seul pour se décrédibiliser et qui n’a pas profité une seule seconde du soutien qu’aurait dû lui apporter la présence (plus physique que morale) d’un monsieur dont nous nous empresserons d’oublier le nom, les allures de notaire de province en fin de repas dominical, le bon sens centriste et les interventions tout bonnement amnésiante (à l’exception du moment où il a abordée l'idée de l'impôt négatif, une idée qui mérite réflexion). Je ne vais donc pas m’attarder sur les participants de gauche, mais plutôt sur ce que je pense, à titre personnel, de la logique libérale de M. Wauquiez.

Travaux forcés

Figurez-vous que cette personne prétend, en sa qualité de… de personne qui n’assume pas de fonction ayant trait, de près ou de loin, au sujet, donc en sa qualité de simple citoyen français, qu’il serait plus sage, plus honnête, plus équitable, plus moral, plus pédagogique, plus juste, plus de droite peut-être aussi, de demander aux personnes inactives bénéficiant des minima sociaux de compenser cette manne financière de 450 euros pour le RSA socle par des travaux d’intérêt général non rémunérés. Oui, des T.I.G., vous savez, c’est la punition infligée aux petits délinquants pour ne pas les envoyer directement en prison. Un kéké qui se fait choper en train de taguer un mur d’usine se ramasse une amende et des heures de T.I.G., c’est pédagogique. C’est également par pure pédagogie que M. Wauquiez souhaite qu’une personne désœuvrée qui pour telle ou telle raison n’a pas accès au travail s’adonne aux joies du travail forcé. Punition ? Que nenni, il s’agit, selon M. Wauquiez, d’accompagner la personne sur le chemin du travail. M. Wauquiez se moque du monde en niant ou en ignorant (ce qui est pire encore) les réalités sociales.

Qui sont ces profiteurs ?

Sa position implique de fait que les personnes inactives bénéficiant du RSA le sont de bon vouloir et qu’elles ne font plus l’effort de chercher un emploi. Il cherche à lutter contre ces personnes qui se complaisent à vivre avec une misère de 450 euros du moment qu’elles ne doivent pas se lever tôt le matin. Existent-elles, ces personnes ? Oui, certainement. Elles se comptent par centaines, tout au plus. À cela, il n’est rien à faire, ou tout du moins, certainement pas de « sévir » en imposant des T.I.G. à tous les allocataires.

Rappelons une chose très importante : les allocataires du RSA socle sont des personnes inactives, qui bénéficient d’une allocation de 450 euros. Les autres allocataires du RSA, ceux qui ont un revenu approchant du SMIC, sont des personnes actives, qui travaillent déjà, certes dans des emplois précaires à temps partiel, mais qui travaillent, et bénéficient du RSA justement pour qu’ils ne soient pas découragés à travailler pour moins cher que ce qu’offrait leur indemnité de chômage. Bref, pour garder un peu de dignité et, bizarrement, pour rester « sur le chemin du travail ».

M. Wauquiez me rappelle étrangement cet autre homme politique, glorifiant la « France qui se lève tôt », sous-entendant que les inactifs le sont par choix, pour faire la grasse matinée. Non, Monsieur, vous n’avez rien compris, si des personnes n’ont pas accès au travail et n’ont d’autres ressources que les allocations, c’est peut-être aussi parce qu’il n’y a plus d’emplois pour eux. Il ne faut pas se leurrer, la majorité de ces personnes n’ont aucune qualification professionnelle et bien un niveau scolaire inférieur au bac. Vous prétendez alors, M. Wauquiez, que vous, vous allez trouver un travail à la mesure de leurs compétences ? Des emplois d’aide à la personne ? Des emplois qui requièrent un minimum de compétence, de formation et surtout de motivation (ne serait-ce qu’une rémunération…), que les allocataires du RSA n’ont certainement pas ? Parlons même seulement des quelques individus qui abusent réellement de notre si bel État providence, l’infime minorité qui est misérable par choix : vous pensez que ces gens non motivés feront du bon boulot ? C’est cela qu’il faut infliger à des seniors qui ont besoin de soins et d’attention ? C’est ce genre de personnes démotivées au possible qui vont tailler les haies municipales ? Faites-moi rire, M. Wauquiez.

Comme le soulignait très justement M. Mélenchon au cours de ce débat, vous allez tenter d’offrir des emplois à des gens qui n’en veulent et qui ne seront pas rémunérés pour cela, au détriment de personnes qui sont formées pour cela et qui souhaitent un salaire en contre-partie. C’est comme la surmultiplication des stages en entreprises à tous les niveaux de l’éducation et de la formation : offrir de la main-d’œuvre gratuite et mal formée qui au final embarrasse l’employeur qui ne sait que faire de ces travailleurs forcés et incompétents.

Les smicards sont de gros jaloux

Le second axe de défense de Laurent Wauquiez part du point de vue qu’il prête aux travailleurs rémunérés au minimum légal. Selon lui, tout smicard respectueux de soi est frustré de savoir que des profiteurs gagnent « presque autant, voire plus » qu’eux en restant à la maison.

Une fois de plus, Wauquiez véhicule la piètre image qu’il a des basses classes sociales en y injectant une dose de mensonge. Premièrement, comme je le disais plus haut, les bénéficiaires inactifs du RSA sont très, très loin de toucher l’équivalent du SMIC. Un travailleur actif bénéficiant du RSA peut quant à lui atteindre une somme s’en rapprochant, certes, mais nous parlons ici d’une personne qui a déjà un emploi et qui ne souhaite certainement pas « travailler plus pour gagner toujours aussi peu ». Il part donc, au mieux, du postulat que les smicards se prêtent à l’amalgame « assistés = profiteurs ». Son remède à ce problème qui n’existe pas, serait de creuser l’écart entre les smicards et les inactifs. Soit. Et comment, je vous prie ? En baissant les revenus des inactifs, évidemment. Oui, c’est bien cela, ces personnes qui vivent majoritairement sous le seuil de pauvreté gagnent encore de trop par rapport aux smicards. M. Wauquiez, vous me faites vomir. Vous qui êtes une personne de bonne éducation, une tête bien faite comme on dit, je ne peux réellement pas croire que l’idée ne vous soit pas venue à l’esprit qu’il était, théoriquement et dans la mesure du possible, peut-être préférable d’augmenter les revenus des smicards pour creuser le fossé ? Si tel n’est pas le cas, vous êtes un idiot, Monsieur. Si c’est le cas, mais que vous feignez d’ignorer cette solution et optez en votre âme et conscience pour celle qui consiste à considérer tout inactif comme un parasite qui ne mérite que de crever la gueule ouverte, vous êtes un monstre. Dans les deux cas, je vous méprise.

Mon vécu

Je constate que M. Wauquiez prête des sentiments bien bas aux smicards. Je suis issu d’une famille passablement modeste. J’ai été élevé dans un quartier défavorisé à fort taux de chômage. Des profiteurs ? Oui, j’en ai connu, certains. Mais ce que je peux vous dire, M. Wauquiez, c’est qu’un travailleur précaire à d’autres chats à fouetter que de lorgner l’assiette vide de l’inactif allocataire. Quand on gagne le minimum vital, on ne se met pas martel en tête parce que « certains » ont trouvé une combine pour vivoter sans rien faire, non. On rêve plutôt de gagner plus, d’avoir la possibilité de voir son salaire augmenter autrement que par indexation, quand l’index n’est pas gelé pour quelques années. Ça leur fera une belle jambe, aux smicards, de savoir que les gens qui étaient seulement un peu plus pauvres qu’eux, vont l’être vraiment plus s’ils n’obtempèrent pas à l’injonction de travail gratuit. Et ces personnes qui vous semblent être des parasites, je peux également vous dire qu’en tant qu’employeur, je n’en voudrais pas, surtout gratuitement, même pour repeindre un mur. Qu’y a-t-il de plus contre-productif qu’une personne ne voulant pas travailler et forcée à le faire gratuitement ? Vous imaginez l’état de mon mur ? Je préfère payer pour un peintre en bâtiment. Paradoxalement, il y en a qui sont au chômage…

Car la morale de ce débat inutile est qu’il reste des millions de chômeurs en France, des travailleurs, même qualifiés, qui ne trouvent pas d’emploi rémunéré. Or, il semble si facile de trouver des « occupations » aux bénéficiaires du RSA. Le fait est que malheureusement, du travail, il y en a bel et bien, et pour tout le monde, mais il n’y a hélas pas assez de gens prêts à leur proposer un salaire.

Conclusion

Enfin, je déplore également l’attitude même de M. Wauquiez, qui n’a dans l’affaire, selon moi, d’autre but que de faire parler de lui et de glaner quelques bulletins de vote antisociaux. Un gouvernement, c’est une équipe. On parle d’équipe gouvernementale. M. Wauquiez en fait partie. Les rôles sont bien distribués au sein de cette équipe. Et pourtant, certains ne se gênent pas pour aller s’occuper des affaires des autres. Qu’est-ce qu’au grand dieu celui qui est chargé des Affaires européennes vient initier un débat national sur une affaire sociale, relevant de la compétence de Mme Roselyne Bachelot chargée des solidarités ou de M. Xavier Bertrand chargé de l’emploi ?

Dans une équipe, lorsque quelqu’un a une idée, qu’elle soit bonne ou mauvaise, il en informe son collègue compétent en la matière. Si l’idée fait son chemin, il peut en être débattu plus largement, publiquement, mais toujours après consultation. Or, M. Wauquiez sort son idée, à peine réfléchie, comme cela, entre la poire et le fromage, au grand dam d’ailleurs, de ces camarades ayant autorité en la matière. À quoi bon, si ce n’est pour se montrer ? M. Wauquiez, de grâce, à la prochaine idée de polémique qui vous passera par la tête, cachez-vous donc.

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19 mai 2011

Affaire DSK : de nouveaux éléments

une photo de DSK était accrochée dans les vestiaires du personnel d'étage du Sofitel pour les prévenir de la présence d'une VIP (source Figaro). En exclusivité, voici le fameux portrait :

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18 mai 2011

DSK : la déclaration qui prouve son innocence

En toute bonne foi...

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(Photomontage de moi, évidemment)

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17 mai 2011

La vérité sur l'affaire DSK : une simple méprise !

La preuve en image :

DSK_menott_

Montage par moi. Même pas honte.

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23 mai 2010

Dopage en Formule 1 ?

Les journalistes du site eurosport.fr ne manquent pas d'humour. J'en veux pour preuve le titre titre fallacieux de cet entrefilet :

Alonso

Au moins, on peut dire que chez Ferrari, l'arbre à came n'est plus un tabou ;-)

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27 février 2010

Après Stormmedia, voici Cortix !

Depuis quelques mois, j'ai eu à consacrer plusieurs billets de ce blog à la société Stormmedia. J'en suis plus que ravi, puisqu'une très grande majorité des visites sur mon blog proviennent de recherches Google sur cette entreprise. Une personne qui avait laissé un commentaire sur un de ces articles avait aussi fait mention d'une autre entreprise, nommée Cortix, qui propose elle aussi ses services par démarchage téléphonique. Je remercie cette personne d'en avoir fait mention, car pris de curiosité, j'avais effectué une petite recherche à leur sujet. Cela m'a évité quelques ennuis hier.

Hier, je reçois un coup de fil. J'ai une fois de plus droit à l'inévitable voix à l'accent étranger récitant un texte marketing avec peu de conviction et me vantant les services de Cortix, qui se propose de prendre en charge le design, la rédaction et le maintien de mon site web pour rien du tout. La proposition de Cortix est la suivante : "Bonjour, nous prospectons le marché dans votre région, comme nous ne sommes pas encore implantés, nous cherchons surtout à nous faire connaître. Comme vous êtes l'une des premières personnes que nous contactons, nous vous proposons de créer votre site internet gratuitement, mais en échange, cela nous fait e la pub pour de futurs clients."

Ça paraît intéressant, mais rien ne se passe comme prévu. Déjà, je me demande comment une entreprise qui démarche de la sorte depuis plusieurs années, qui est déjà cotée en bourse (donc loin d'être une start-up débutante), n'avait encore jamais eu un professionnel breton en ligne ... Ensuite, la gratuité de l'affaire est absolument illusoire. La véritable démarche est bien expliquée dans cet article du site d'information RUE 89. Comme souvent dans ce genre de situation semi-légale, à moitié malhonnête, ils entraînent le client à commettre un délit de neuneutisme : mal informé et enthousiaste, le client signe le contrat sans lire les petites lettres. Rien de ce qui a été promis verbalement ne se réalise, mais en revanche, le contrat est scrupuleusement respecté. Vous vous retrouvez ainsi avec des mensualités de € 143,52 avec un engagement ferme et définitif de 4 ans. Résultat : pas loin de 6900 euros dépensés pour un site cloné. Cloné ? Oui, les sites Cortix sont créés à la chaîne et se ressemblent tous, avec les mêmes phrases à l'emporte-pièce (avec les mêmes fautes !), que l'on soit éleveur de chien, table d'hôte ou plombier ! 

Bref, dès que j'ai entendu cette brave téléphoniste mentionner Cortix et embrayer derechef avec un paquet de questions plus ou moins insolites du genre quel était mon âge et tout cela, j'ai rétorqué : "Désolé Madame, mais je ne suis absolument pas intéressé par cette offre. Ce n'est pas la peine de me demander mon CV." Paf, raccrochage.

En conclusion, je ne peux que vous conseiller de lire l'article de rue89 et de manière générale, pour tout ce qui concerne votre activité professionnelle, de faire ce que bon nombre de personnes font déjà sur leur ligne privée : dès que vous entendez que c'est un démarchage, n'hésitez pas à couper la parole et à dire que vous allez raccrocher. Ça vexe parfois la personne au bout du fil, mais ça évite surtout des emmerdes. Si vous voulez créer un site web, avoir des réductions d'impôts ou dératiser votre maison, renseignez-vous vous-mêmes, il y a internet pour ça ! ;-)

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Allo ?

Véridique, l'image est de moi :

rijmenam

Et d'avance toutes mes excuses à monsieur ou madame A. Rijmenams, qui je l'espère ne me tiendra pas rigueur de ce que je remarqua cette drôle de coïncidence. 

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Stéréotypes

Il vous est sûrement arrivé, en suivant un lien de téléchargement, de vous retrouver sur la plateforme de téléchargements Megaupload ou sur celle de son concurrent Rapidshare. Pratiquement gratuit, assez simple d'utilisation et anonyme, c'est la planque idéale pour s'échanger des fichiers vidéo de ses dernières vacances avec des titres qui commencent par "épisode 5 saison 2" ou qui finissent par "DVDrip". Mais avez-vous remarqué la géniale publicité de Megaupload sur la page d'upload de fichiers ?

Voici l'image de la clientèle type de Megaupload. Dites-moi donc dans quelle catégorie vous vous situez : si vous aimez "la bonne affaire", vous êtes un maquereau ; si vous privilégiez la vitesse de téléchargement, mettez le "turbo", vous êtes une pétasse ; enfin, si vous préférez "le meilleur", vous êtes une tête de noeud qui vient de tirer les rois. A vous de choisir ... une plateforme de téléchargement qui ne prend pas ses utilisateurs pour des cons.

Megaupload_stereotypes

Cliquez sur l'image pour agrandir.

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14 février 2010

Le Ruban vert.

Aujourd'hui, un conte pas tout à fait vrai mais réellement triste.

C’était un petit bistrot sur une place que traversait la rue du Noyer à hauteur de l’École Royale Militaire, sur la commune de Schaerbeek. Les clients étaient des habitués auxquels se mêlaient quelques employés à la sortie des bureaux, peu nombreux pourtant dans ce quartier. Je m’y étais arrêté, en client de passage, peu avant vingt heures, l’heure de la fermeture. Je commandai une bière, accoudé au comptoir, comme à mon habitude. À mon grand regret, la pils était de la Maes. Je me rabattis alors sur une Cuvée de l’Ermitage, une bière de dégustation produite par la même brasserie, mais au goût très supérieur à la Maes. Un instrumental de rock’n’roll sortaient des enceintes. Je reconnus le son de guitare typique des Shadows. Mes connaissances sur ce groupe n’allaient pas plus loin que le vague souvenir des mélodies de Apache et de Drifting. Cela me suffit pour nouer la conversation pendant quelques minutes avec le patron, qui semblait beaucoup apprécier ce groupe oublié. Je l’observais en train de faire du rangement derrière son comptoir pendant que sa femme servait les derniers clients aux tables. Sur un montant des étagères à verres, un mètre-ruban vert de couturier pendait à un clou. L’utilité de cet objet dans un café m’échappait, d’autant plus que je remarquai qu’il n’était pas complet. Le ruban ne mesurait pas un mètre, mais une bonne vingtaine de centimètres de moins. Il avait visiblement été coupé. Je n’étais pas arrivé à la fin de mon interrogation quand je vis le patron saisir le ruban d’une main, une paire de ciseaux de l’autre, puis couper précisément un centimètre de ce ruban vert. Il jeta le centimètre à la poubelle et je l'entendis dire tout bas : « Et hop ! Une de moins ! »
Je compris alors qu’il s’agissait d’un décompte. Je tentai : « Un centimètre tous les jours, c’est ça ?
— Eh oui, me répondit-il. Plus que septante-six jours et c'est la retraite !
— Vous allez remettre le commerce ?
— Pas sûr. La maison est à moi, j’habite en haut avec ma femme. Si on trouve un bon repreneur, qui sait… mais j’ai beaucoup trop de souvenirs dans ce café. Ça me ferait drôle de voir quelqu'un d’autre à ma place. Nous allons peut-être transformer le rez-de-chaussée en appartement. »

J’y suis repassé vers la même heure, deux mois plus tard environ, quinze jours à peine avant la fermeture définitive. Ce soir-là, le patron avait mis un album des Platters, que je reconnus uniquement parce que leur sempiternel Only You passait au moment où j’entrai. Même époque, autre registre. Je revis de nouveau notre bonhomme couper son ruban vert, jeter le petit bout à la poubelle, soupirer sa petite formule. Cette fois-là, je m’étais assis à une table pour lire le journal. C'est la patronne qui me servit la Cuvée de l’Ermitage. Voyant le petit rituel de son mari, je lui sortis quelques phrases banales, du genre : « Ça se rapproche. Bientôt la retraite. Encore un café qui ferme, c’est dommage, mais je suppose que ce n’est pas de refus pour vous. »
Elle trouvait qu'ils avaient effectivement bien mérité leur retraite, d’autant plus que son mari n’avait plus trop la forme ces derniers temps. « Ce n’est pas si facile de se dire que tout est fini après trente-cinq ans de service dans le même café. »
Elle semblait avoir encore peine à s’imaginer la vie après. Probablement craignait-elle de s’ennuyer. Je fis semblant de me replonger dans ma lecture, mais du coin de l’œil, j’observais ce couple de sexagénaires préparer la caisse pour la fermeture, laver les derniers verres, faire ce qu’ils faisaient tous les soirs, machinalement, six jours sur sept, depuis plus de trois décennies. Je m’imaginais le petit père coupant le deuxième centimètre, puis le lendemain, le dernier soir, juste avant de compter la dernière caisse de sa vie, retirant du clou le dernier centimètre. Peut-être allait-il le garder en souvenir ? Qu’allait-il lui passer par la tête ? Un mélange de soulagement et de regrets, je suppose. Il s’estimera sans doute heureux, pensera aux vacances prolongées du mois d’août, se dira que maintenant, c’était lui qui allait passer un après-midi par semaine à jouer à la belote, à la table d’un autre bistrot. Il pensera peut-être à tout cela tout en remuant dans un coin de son esprit tous les souvenirs qui hantaient cette grande salle dont il allait éteindre les lumières et fermer les rideaux pour la dernière fois. Une sorte d’adieu. Je me demandais même si un matin, comme il habitait en haut, il ne lui arriverait pas de descendre machinalement par la porte de service pour ouvrir son bistrot, avant de se souvenir que c’était fini. Ou peut-être allait-il descendre un soir de cafard, juste pour humer l’air, revoir son bar, ses miroirs, l’alu de son évier, la teinte de ses murs enduits de nicotine. A sa place, je me serais décidé à vendre, à habiter ailleurs ou à vivre à la campagne – pourquoi pas ? – pour ne plus devoir vivre au-dessus du fantôme de la moitié de ma vie.

Le café a fermé. Définitivement. Je n'y suis plus jamais retourné. Par la suite, il m'est parfois arrivé de passer sur cette place. Je jetais alors toujours un œil sur les rideaux fermés. Ils le furent longtemps. Puis, peut-être six mois plus tard, je vis le bistrot ouvert. Jetant un regard vers l’intérieur en passant, j'aperçus de nouveaux rideaux, une nouvelle enseigne, un type plutôt jeune derrière le comptoir. On eut juré que même la clientèle avait changé. J’en déduis que le petit père qui aimait les Shadows avait fini par aller vivre à la campagne ou qu’il s’était fait à l’idée de voir un autre que lui derrière son comptoir.

Environ un an plus tard encore, alors que je me vautrais en plein après-midi sur le zinc d’une brasserie d’Etterbeek, un gars en bleu de travail m'accosta avec le très original : « Nous nous sommes déjà vu quelque part, non ? »
Il me semblait que non. Il était trop vieux et n’avait pas tout à fait la tenue vestimentaire adéquate pour fréquenter la même Université que moi. Je lui répondis donc que nous ne pouvions nous être rencontrés que dans un débit de boissons.
« Si ce n’est pas ici, alors c’était chez Jean-Pierre, » me lança-t-il comme si je connaissais tous les patrons de café de Bruxelles par leur prénom, à supposer qu’il n’y eut qu’un seul cafetier nommé Jean-Pierre dans toute la capitale.
« Mais si, le patron du café à côté de l’École Militaire, rue du Noyer.
— Ah oui, je vois. Je n’y suis allé que quelques fois peu de temps avant que cela ne ferme. Il a pris sa retraite, maintenant.
— Le pauvre vieux, oui ! Tu parles d'une retraite ! Vous ne savez pas ? Il n’a même pas eu le temps d’en profiter, le malheureux. Il n'avait pas arrêté de travailler depuis quatre mois, qu'il est mort d’une cirrhose. En un rien de temps, il était parti ! Sa femme a immédiatement tout vendu, le café, la maison, tout ! Elle est partie vivre en appartement à Oostende, parce que son fils habite là-bas. Il s’est marié avec une flamande. »

Je m’étais trompé. Ils n’étaient pas partis vivre à la campagne. Mais il y aura au moins eu un des deux qui sera parti vivre sur la côte.

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19 janvier 2010

Storm Media / Stormmedia : appel aux victimes.

Je pensais en voir fini avec cette société, mais apparemment, tout n'est pas terminé. En regardant les connexions à mon blog, je constate d'ailleurs avec amusement que des employés de Storm Media sont mes plus fidèles lecteurs ! Ils viennent en effet faire un petit tour tout les deux ou trois jours environ. Pour des gens qui me disent en commentaire que je n'ai que ça à faire de les calomnier, je peux leur retourner le compliment !

Pour ceux qui n'ont pas suivi les épisodes précédents, je vous invite à lire comment j'ai failli me faire avoir par cette fraude dans mon billet du 5 décembre 2009 et, suite à ces commentaires totalement bidons émanant de StormMedia eux-mêmes, un récapitulatif avec de nouveaux éléments probants dans ce billet du 5 janvier 2010. Voici la suite, et, je l'espère la fin.

APPEL AUX VICTIMES DE LA FRAUDE STORMMEDIA

Je suis allé hier après-midi déposer plainte à la gendarmerie pour cette usurpation et pour harcèlement téléphonique.

J'ai constaté dans les commentaires sur mon blog que certains d'entre vous ont été "piégés" et ont fait appel à leur banque. Si vous avez été lésé par cette société : n'hésitez pas à déposer plainte au poste de police ou à la gendarmerie la plus proche ! Storm Media opère effectivement d'Espagne, mais si le nombre de plaintes et assez considérable, des poursuites seront faites.

Munissez-vous de toute preuve de contact avec cette société :
- relevés téléphoniques
- relevés bancaires
- e-mail avec en-têtes complets
- éventuellement les pages web où vous avez témoigné de votre mésaventure et où d'autres victimes témoignent.

C'est important ! Cela fait deux mois qu'ils sévissent en France (un an dans toute l'Europe) et il faut réagir avant qu'ils ne ferment boutique pour s'envoler vers d'autres cieux.

Voici enfin quelques liens qui pourront aussi vous être utiles :
Rapportez vos doléances là : http://www.internet-signalement.gouv.fr
D'autres adresses utiles pour porter signaler la fraude sur arobase.org.
Et le service juridique de Google.

En plus des plaintes des clients lésés, il faudrait que Google porte plainte pour le préjudice subi. C'est en effet une très mauvaise pub, une entreprise peu scrupuleuse qui se fait passer pour Google, non ? Les témoignages de personnes qui se sont faites avoir foisonnent maintenant sur la toile (faites une recherche Google avec "Stormmedia fraude"). Vous trouverez de nombreux témoignages dans les liens ci-dessous aussi.

Commentcamarche.com
Forum d'aide officiel de Google Adwords
Discussion similaire sur le forum officiel de Google Adwords en anglais
Le blog de Ronan O'Brien et de nombreux témoignages d'Irlande

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05 janvier 2010

Storm Media / Stormmedia : suite de l'aventure

Il y a de cela un mois jour pour jour (donc le 05/12), j'écrivais dans ces colonnes à propos de l'entreprise StormMedia (voir l'article ici), qui m'avait contacté au téléphone en se faisant passer pour Google France. Ils ne m'offrent ni plus ni moins que la même chose que le service Google AdWords, sans en prononcer le nom.

Je résume ici l'affaire en deux lignes : après avoir reçu un mail, je me méfie de cette très visible usurpation. Après quelques recherches sur Google (.com et .fr), je me rends compte qu'il s'agit d'une démarche commerciale très limite qui a commencé en Irlande, puis s'est retrouvée en Espagne et qui de là, maintenant, contacte le marché des auto-entrepreneurs français.

Je réécris ici ce que je reproche à StormMedia : ils m'ont contacté en se faisant clairement passer pour Google France. A partir de là, je juge que je ne peux pas faire confiance à une société qui me ment pour attirer du client, et ce même si leurs services fonctionnent. Tout ce qu'ils semblent faire, c'est sous-traîter les services AdWords (la procédure décrite dans l'e-mail que j'ai reçu est exactement la même que celle de Google Adwords, que tout un chacun peut faire lui-même). Si j'ai envie de promouvoir mon site internet via Google AdWords, je le ferai moi-même et sans refiler un seul centime au passage à un sous-traîtant qui me ment.

Au passage, je renvoie une nouvelle fois vers le blog de Ronan O'Brian où plusieurs personnes affirmes avoir eu des problèmes majeurs (prélèvements automatiques irrévocables, etc.) avec StormMedia. Ces propos ne sont pas de ma responsabilité, mais si vous comprenez l'anglais, je vous invite à bien lire cette page et les témoignages édifiants.

L'affaire aurait pu s'arrêter là. Jusqu'à ce que je remarque hier, 04/01, une étrange affluence sur cette page de mon blog en provenance de recherches Google avec le mot-clef "StormMedia". Apparemment, ce blog est en 3e position derrière celui de Ronan sur google.fr. Tous les IP viennent de France, mais aucun n'a laissé un message.

Aujourd'hui, 05/01, donc le lendemain de l'affluence, je reçois 5 messages de soi-disant clients de StormMedia qui viennent à leur tour me traîter de menteur et démentir mes doutes. Il m'a suffit de regarder dans les statistiques de mon blog pour me rendre compte que TOUS ces commentaires viennent du même IP en Espagne, curieusement le pays où est maintenant située la plateforme téléphonique de StormMedia.

Décidément, l'usurpation reste le point fort de StormMedia ! Vous me croyez né de la dernière pluie en balançant 5 commentaires sous 5 pseudos différents dans la même matinée avec le même IP ?

Cette réaction prouve une fois de plus le peu de sérieux et la mauvaise foi de cette entreprise que je n'hésite plus à qualifié d'escroquerie. Me dire que "je travaille sûrement pour la concurrence" que "je n'ai rien d'autre à faire car je n'ai pas de travail" ou me prier de "stopper mes accusations non-fondées" quand on travaille soi-même chez StormMedia, c'est râcler le fond du tonneau. J'ai en fin de compte non seulement aucun regret de dénoncer cette société, mais en plus, je mets en garde tous ceux qui pensent comme moi qu'on ne peut faire des affaires avec une entreprise qui a des pratiques aussi mensongères et basses.

J'imagine que les dizaines de français qui ont lu mon article hier en faisant une recherche Google sont des personnes qui ont été contactées par StormMedia. J'espère que ces personnes leur remettrons bien le bonjour de ma part.

P.S. : en cas de litige, j'ai bien évidemment gardé l'e-mail reçu par StormMedia le mois dernier, ainsi qu'une capture d'écran des visites reçues sur mon blog, avec l'IP espagnole, l'horodatage, les pages visitées et les pages de provenance.

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05 décembre 2009

Storm Media / Stormmedia : gare aux usurpations Google !

Le téléphone sonne. Je décroche. De l'autre côté, en fond sonore, l'ambiance typique d'une plateforme téléphonique avec son brouhaha habituel.

– Monsieur Magister ? Ici Google France.

Jusque là, rien d'étonnant. J'avais inscrit depuis peu mon activité dans l'index de Google Local Business. Lors de l'inscription, il est bien stipulé que Google se réserve le droit de vous téléphoner afin de vérifier les informations que vous avez soumises. J'ai directement pensé à cela.

– Nous vous appellons car vous êtes auto-entrepreneur. Depuis le début de cette année 160.000 personnes se sont inscrites à ce nouveau régime et Google a décidé de leur faire une petite place dans son moteur de recherche. Nous vous proposons d'améliorer votre référencement.

Tiens donc, Google fait dans le social maintenant ? J'écoute, pensant découvrir un nouveau service de Google.

– Nous vous proposons de rédiger une courte annonce pour votre entreprise et de la placer avantageusement en première page des résultats de notre moteur de recherche avec un lien vers votre site pour les recherches faites dans votre région et les régions autour de la votre. Vous choisissez pour cela 5 mots-clés et après un mois, nous vous renvoyons les statistiques et il est possible d'ajuster vos mots-clés à votre convenance. C'est 140 euros pour le mois d'essai, puis 40 euros pour les mois suivants.

Je fais vaguement le lien avec les liens sponsorisés proposés par le service Google Adwords, qui utilise pourtant le principe du pay per click. Peut-être ofre-t-il le service maintenant à coût fixe.

– Je ne suis pas très intéressé. J'utilise déjà pas mal de services Google. Je suis déjà répertorié dans Google Local Business, sur Google Maps.
– Je sais, je vois votre profil. Et la dame lit la première phrase de la description de mes services.
– De plus, ma clientèle cible est plutôt située en Flandre et aux Pays-Bas.
– Attendez, je demande à mon chef. (Après un instant) Il me dit que c'est tout à fait possible de cibler une autre région, même étrangère, et c'est le même prix.

Allons bon, comme par hasard. Je décide de me laisser le temps de réfléchir. Peut-être que l'opération pub peut valoir le coup malgré son prix. Je lui dit donc que cela ne coûte rien de m'envoyer un mail détaillé de l'offre. Elle répond qu'elle ne me donne que 24 heures de réflexion, car c'est la politique du premier arrivé, premier servi. D'accord, dis-je, on verra ma réponse demain. Et là, stupeur : elle me demande mon adresse e-mail ! Je lui dicte, un peu surpris, mon adresse Gmail. « Ah c'est bien, vous êtes déjà chez nous pour vos mails ! » Sans blagues ? Elle dit travailler pour Google France, voir mon Google Profile, mais elle est surprise que j'utilise une boîte Gmail (qui est, je le rappelle, indispensable pour environ tous les services de Google).

Elle raccroche, mais je suis pris d'un doute. Je vérifie mon profile Google. C'est bien ce qui me semblait : il n'est nulle part fait mention de mon statut d'auto-entrepreneur. De plus, la phrase qu'elle m'a lu ne correspond pas à la description que j'ai écrite et mes coordonnées téléphoniques sont cachées. En fait, elle a utilisé mon profil sur un index d'auto-entrepreneurs, où l'on retrouve mon numéro de portable et la phrase qu'elle a lu.

Une dizaine de minutes plus tard, je reçois l'e-mail. Plus de doutes possibles : cette société n'a rien à voir avec Google ! Il est signé « Google Storm Media ». Après une recherche simple dans, justement, Google, je trouve plus d'informations sur cette société qui démarche donc en se faisant passer pour le moteur de recherche. Il s'agit tout bonnement d'une fraude.

Le truc est simple : ils appellent en se faisant passer pour Google et proposent, ni plus ni moins, ce que propose Google AdWord ! Je me suis inscrit et j'ai simulé une campagne pour vérifier. Il s'agit bien de la même chose, mais en moins cher. Tout ce que fait Storm Media, c'est d'ouvrir une campagne Google AdWord pour vous (je suppose avec un gros compte client à eux), et de se sucrer très largement au passage : 140 euros pour le premier mois, au lieu des 10 euros d'activation réclamés par Google. Ensuite, le budget mensuel est libre.

Ainsi, on ne trouve aucune trace de plainte déposée à leur encontre par Google : pour eux, Storm Media doit être un gros client AdWord qui fait de la sous-traitance. En soi, cela n'a rien d'illégal, car n'importe quelle société de SEO (Search Engine Optimizer) peut vous proposer la même chose. Si ce n'est que Storm Media se fait passer pour Google en démarchant, mais pousse la prudence à se nommer « société représentative de Google » dans leurs mails, pour ne pas laisser de traces. C'est de l'usurpation, pure et simple, et ça, c'est illégal.

Auto-entrepreneurs, si vous lisez ceci, ne vous faites pas avoir : même si le service proposé fonctionne, ne payez pas ces arnaqueurs pour un service que vous pouvez activer vous-même, et au budget que vous désirez.

Storm Media opère depuis plus d'un an. Ils ont commencé par démarcher des sociétés irlandaises en utilisant la même méthode de pêche aux numéros dans des annuaires professionnels. Ensuite, ils ont ciblé le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Actuellement, ils opèrent depuis l'Espagne en ciblant les auto-entrepreneurs français. Ils ont entre-temps changé plusieurs fois de nom : Storm Media, Match Maker, Top Spot Marketing, Zenith Marketing, Sphere Marketing, First Search Consultancy, First Search Consultancy, Apex Media, etc.
Retrouvez ici l'article (en anglais) qui m'a mis la puce à l'oreille : http://www.ronanobrien.info/selling-first-place-on-google-scam/

Apparemment, ils étaient bien moins prudent auparavant : ils prétendaient vous offrir la première place des recherches organiques dans Google (ce qui absolument impossible à faire, à moins de recourir au procédé condamnable de bombardement Google) et envoyaient des mails avec le logo de Google en en-tête. En réajustant leur technique, ils restent dans un cadre tout à fait légal, l'usurpation ne dépassant pas le stade du démarchage.


P.S. : Ils devaient me rappeler le lendemain, mais j'ai envoyé un e-mail quelques heures plus tard pour décliner leur offre et en précisant qu'il n'était plus la peine de me téléphoner. Engager la conversation sur leur usurpation ne servirait à rien, encore moins avec une opératrice de call center qui n'est évidemment pas une preneuse de décisions dans la société.

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04 décembre 2009

P comme palindrome

Aujourd'hui, j'apprends les figures de style en m'amusant :


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Richard Gasquet : tiré par les cheveux ?

Vous vous en souvenez, Richard Gasquet était accusé il y a quelques mois d'avoir consommé de la cocaïne lors d'une soirée people à Miami. Fin juillet, il est disculpé suite à un test capillaire. Les analyses sont formelles : aucune trace de cocaïne dans son organisme. Le premier test aurait été "contaminé" par un baiser donné à une jeune femme consommatrice de cocaïne. Gasquet avoue même que ce soir-là, il avait roulé une bonne dizaine de patins. Au moins, il n'a pas peur de la mononucléose.
Cette disculpation lui valut bien entendu quelques bons titres, comme celui-ci, tiré du Parisien :

"Gasquet blanchi par ses cheveux"

Ca serait presque une blague, quelques mois plus tard, Gasquet se fait mannequin et vante les mérites de ... Head & Shoulders, shampooing miracle grâce auquel il n'a pas de pellicules ! Il affirme donc sans rire que :

« Avoir et conserver de beaux cheveux est pour tous les sportifs de haut niveau un vrai défi »

Richard_Gasquet_Head_Shoulders

Rhôô qu'il est bôô !

Bien entendu, il ne faut pas voir le mal partout : le contrat avec Head & Shoulders était signé peu avant que n'éclate l'affaire de drogue, et la société n'a pas renoncé à cette publicité une fois le tennisman disculpé. N'empêche, des fois, y a des coïncidences plus vraies que nature :-)

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28 novembre 2009

Alphabétisation

Ils devraient y retourner, y a encore du boulot ...

 

SHCOOL

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16 novembre 2009

Châtiment corporel

Presque un hasard de l’actualité, dans le même journal en ligne et à quelques minutes d’intervalle : la droite semble contre, la gauche est pour la fessée, mais pas pour les mêmes raisons :-)

fessees

en ce qui me concerne, je suis pour une fois plutôt du côté de la droite pourtant réputée pour son conservatisme. Cela fait en effet belles lurettes que j'ai compris que punir ne servait à rien. J'ai remplacé la fessée par le bien plus pédagogique facepalm, que j'adresse ici aux protagonistes de ces brèves :

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12 octobre 2009

Renaud en vagabondage irlandais


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Le dernier simple de Renaud est arrivé. Pour le lancement de son prochain album intitulé "Molly Malone", un premier extrait est déjà en pré-écoute sur deezer.com.

http://www.deezer.com/listen-4305232

Bon, on le savait, il fallait s'attendre à du vrai folklore. Eh bien j'ai content.
Pour le peu que l'on digère la musique folklorique irlandaise, la mélodie et l'instrumentation sont très respectueuses de cet esprit et apportent pourtant une touche de modernité dans les arrangements. Bonne réalisation.

Du point de vue des paroles, les traductions/adaptations devraient être signées Renaud. C'est cool, c'est du français. Le but avoué est donc de faire découvrir aux francophones monolingues la beauté de certains thèmes de ce folklore. "Vagabonds" touche par la sérénité du narrateur. Ce n'est pas une complainte mais un chant d'espérance. C'est juste un mec qui erre de train en train, de village en village, qui s'enrichit de ses expériences, n'est pas amer, ne se plaint pas d'être vagabond ou ouvrier à la petite semaine. Au contraire, c'est contraignant, mais il se sent libre. C'est le principe d'une philosophie qui s'explique en quelques couplets bien plus touchants qu'un road-movie. C'est un chant de marin sur terre :-)

L'énorme avantage que présente le concept de cet album annoncé, c'est du coup l'accessibilité au grand public. On se souvient de l'album de reprises de chansons du folklore chti. Des reprises qui parlaient certes aux plus chtis ou anciens d'entre nous, mais aux paroles parfois hermétiques et avec des arrangements plutôt "nus", froids. Bref, Renaud lui-même fut surpris par les ventes engrangées, certainement dues à son nom seul plus qu'à la portée universelle du disque. "Molly Malone" sera différent. Premièrement, le folk celtique revient à la mode et se trouve déjà dans le coeur de nombres d'amateurs souvent bien loin d'être des régionalistes bretons ou des immigrés d'origine irlandaise. Ensuite, comme je le disais plus haut, les paroles sont à la portée de tous et il excitera la curiosité certainement de ceux qui ne sont pas fans de Renaud mais se demanderont comment il s'en est sorti pour adapter ce très riche patrimoine culturel qui n'est pas le sien. Je prédis un bon succès pour cet album d'adaptations.

En ce qui concerne la voix enfin, il faut avouer que ça ne s'arrange pas, mais que cela reste audible et pas forcément désagréable. J'ai entendu pire dans des pubs bruxellois. Dès la deuxième écoute, l'oreille s'est de nouveau habituée. Heureusement, sur cet extrait, il n'a pas de note à tenir et ça ne va pas dans les aigus. En revanche, je l'ai entendu l'autre jour sur France Inter (interviewé par Mezrahi) : ce n'est plus un chat qu'il a dans la gorge, c'est une meute de hyènes.

Moi non plus, je ne pense pas qu'il y aura une tournée pour accompagner cet album, mais cela vaut peut-être mieux. Bien entendu, s'il y en a une, j'irai. Mais on est dans le droit de se demander si Renaud aura la force de tenir la distance avec cette voix-là. Qui plus est, une tournée promotionnelle pour un album de reprises, ce n'est pas exactement ce qui se fait de plus populaire. A moins de se borner à de petites salles ou des festoches, avec une setlist de 60 minutes. Pourquoi ? Parce que ça ne le ferait pas vraiment de chanter Vagabonds et Molly Malone entre deux "tubes" genre Germaine et Manhattan-Kaboul. Alors que dans l'autre sens, il pourrait glisser la Balade Nord-Irlandaise et Marchand de Cailloux au milieu de son nouveau répertoire. 

Bref, j'admets m'être attendu à moins bien. J'espère rester sur cette note très positive en écoutant le reste. On verra bien.

 

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02 octobre 2009

2000 ans de bricolage.

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15 septembre 2009

Ce que le support informatique pense de vous

Je n'ai pas l'habitude de transmettre des mails en chaînes ni de prêter trop d'attention à se genre de texte qui pulule sur le net, mais celui-ci, en plus de ne pas être si répandu que ça, mérite vraiment lecture.

Qu'a-t-il de spécial ? D'après la légende, il aurait été envoyé à tous les employés d'une entreprise par le chef du service informatique un jour qu'il était de mauvais poil, qu'une goutte a fait déborder le vase de Soisson qui a cassé l'allumette qui mit feu aux poudres. Si l'on peut toujours douter du fait que ce mail à bien été envoyé, il émane très certainement de quelqu'un qui sait de quoi il parle ! Lisez plutôt :

Nouvelles consignes par rapport à notre service informatique

  1. Quand vous nous appelez pour déplacer votre ordinateur, rappelez-vous toujours de le recouvrir préalablement d'une demie tonne de cartes postales, de photos de bébés, d'animaux empailles, de fleurs séchée, de trophées de fléchettes et de dessins d'enfants. On n'a pas de vie personnelle et on apprécie grandement de voir la votre exposée ainsi.
  2. Quand une personne du service informatique vous dit qu'il arrive de suite, allez prendre un café. De cette façon, vous ne serez pas là quand on aura besoin de votre mot de passe. Ce n'est rien pour nous de retenir 300 mots de passe...
  3. Quand vous trouvez une personne du service informatique en train de déjeuner à son bureau, engueulez-le de suite. On existe uniquement dans le but de vous servir.
  4. Envoyez les e-mails urgents tout en MAJUSCULES. Le serveur de courrier les repère et les envoie comme étant urgents.
  5. Appelez-nous quand vous avez besoin de vous débarrasser d'une douzaine de vieux moniteurs. nous sommes des collectionneurs.
  6. Quand un informaticien qualifié vous dit que les moniteurs n'ont pas de cartouches à l'interieur, objectez. On adore les disputes.
  7. Quand un membre du personnel informatique vous dit qu'il arrive bientôt, prenez une voix blessante et dites : -"Vous voulez dire combien de semaines, par bientôt ?". Ca nous motive.
  8. Si l'imprimante n'imprime pas, recommencez l'impression au moins 20 fois. Les travaux d'impression tombent souvent dans des trous noirs.
  9. Si l'imprimante n'imprime toujours pas au bout des 20 tentatives, envoyez l'impression à toutes les 68 imprimantes de l'entreprise. L'une d'elles doit marcher.
  10. N'apprenez jamais la dénomination correcte pour quoi que ce soit de technique. On sait exactement à quoi vous vous referez par " mon bidule à foiré".
  11. N'utilisez jamais l'aide en ligne pour répondre aux plus simples de vos questions. L'aide en ligne, c'est pour les lopettes.
  12. Si le câble de votre souris n'arrête pas de renverser le cadre de la photo de votre chien, soulevez l'ordinateur et fourrez le câble en dessous. Ces câbles ont été conçus pour résister à la pression de 15 Kg de matériel informatique.
  13. Si la barre d'espacement de votre clavier ne marche plus, accusez la mis à jour du client de messagerie. Les claviers sont en fait très heureux avec une demie tonne de miettes de gâteaux dedans.
  14. N'hésitez surtout pas à dire des choses comme : -"Je comprends rien à toutes ces conneries d'ordinateurs". Ca ne nous gêne pas du tout d'entendre que notre domaine d'expertise professionnelle est une connerie.
  15. Si vous avez besoin de changer le toner d'encre dans un imprimante, appelez le service informatique. Changer le toner est une tache extrêmement complexe et les constructeurs recommandent qu'elle soit effectuée par un ingénieur professionnel avec une maîtrise en physique nucléraire.
  16. Si votre ordinateur ne s'allume pas, venez vous plaindre à nous avant de vérifier s'il est correctement branché.
  17. Si quelque chose ne va pas avec votre ordinateur, demandez à votre secrétaire d'appeler la maintenance. On adore le challenge d'avoir affaire à une tierce personne qui ignore absolument tout du problème.
  18. Quand vous recevez un film de 30 Mo, envoyez-le à tout le monde dans l'entreprise en pièce attachée. On a plein d'espace disque sur ce serveur de messagerie.
  19. Ne pensez jamais à diviser les gros travaux d'impression en plusieurs petits. Quelqu'un pourrait réussir à incruster un mémo dans la file d'attente.
  20. Quand une personne du service informatique entre dans l'ascenseur en poussant un chariot contenant plus de 600'000 F de matériel, exclamez-vous : -"Bon dieu, vous prenez l'ascenseur pour descendre juste un étage !? ".
  21. Quand vous tombez sur une personne du service informatique le samedi au supermarché, posez lui une question sur les ordinateur. On travaille aussi le Week-End et les jours fériés.
  22. Quand vous avez un problème avec votre PC à la maison, déposez-le en vrac sur un siège au service informatique, sans surtout indiquer votre nom, votre numéro de téléphone et la description du problème. On adore les énigmes.
  23. Quand vous amenez votre PC de la maison pour le faire réparer au bureau, laissez toute la documentation chez vous. On saura retrouver les paramètres et les drivers ailleurs.
  24. Oui, bien sûr, de 7 à 9 et de 18 à 19h, souvent plus, on est au boulot devant nos écrans pour faire exploser nos scores au solitaire.
  25. Et non, bien sûr que non, nous n'avons vraiment pas l'impression d'être fréquentés par intérêt.

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12 juin 2009

Expressions Honnies (Épisode 5)

« C’est mon dernier mot », en général suivi du prénom de l’interlocuteur, quand ce n’est pas par un cordial « Jean-Pierre », évidemment par clin d’œil à la phrase-clé de l’émission « Qui veut gagner des millions ? » animée par Jean-Pierre Foucault. Au début, c’est marrant. A la fin, et surtout quand on vous appelle Jean-Pierre, c’est usant. On aimerait répondre que si c’est ton dernier mot, eh bien crèves, connard. Mais ça serait méchant. Cela montre une fois de plus l’influence de la télévision, principal relayeur d’inepties, sur le vocabulaire de tout un pays.




Ca me donne vraiment envie de dire des grossièretés quand on me dit : « J’ai envie de dire … » BEN ALORS DIS-LE ! Ne te retiens surtout pas pour moi, vu que tu vas le dire quand même dans la subordonnée. Je me doutais déjà que cette expression sous-entendait quelque part : "Parce que peut-être vais-je dire quelque chose qui ne va pas du tout vous plaire, peut-être même est-ce une énorme connerie, alors je vous préviens tout de suite, j'ai envie de dire signifie que je ne l'ose pas vraiment, mais que je le fais quand même mais je vous aurais prévenu alors pas taper sur la tête à moi !" Bien entendu, c'est le message que la personne veut faire passer, alors qu'en général, elle pense : "Je dis ce que je veux et je vous emmerde, mais ça fait plus diplomatique quand on commence comme ça".
Eh bien ! En voilà un qui est d'accord avec moi, sur ce blog de
24 heures philo.



okay« Okay », prononcé sur le ton du personnage de Jacqouille la Fripouille. Premièrement, je n'en vois pas la drôlerie. Deuxièmement, imiter un personnage de film idiot (je veux dire le personnage … enfin le film aussi) n’est pas des plus valorisant. Troisièmement, le film commence à dater et si l’expression n’est pas passée de mode, elle commence a être désuète. Tant mieux !
Il n’y a pas de mal à utiliser des répliques de cinéma dans des conversations courantes (et si vous le faites, je ne vous jette pas la pierre, Pierre - non, je déconne), histoire de montrer qu'on a aussi des références culturelles. Mais quelles références ! Je ne connais que peu de gens capables de me citer de mémoire les répliques les plus tordantes de Michel Audiard. Pourtant, certaines de ses phrases mériteraient d’être apprises en cours de français dès le CP : « Mais moi, les dingues, je les soigne. J'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère ! J'vais lui montrer qui c'est Raoul ! Aux quat' coins de Paris qu'on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m'en fait trop, j'correctionne plus : j'dynamite ! J'disperse ! Je ventile ! »
Certes, ce film de plus de 40 ans est lui aussi passé de mode, mais ça m’en a tout de même une autre gueule que de passer pour un débile en couinant « Okay ! » Disons que le texte est plus … étoffé.

Vous ne rêvez pas, l'illustration ci-dessus est bien la pochette d'un CD 2 titres reprenant cette fameuse réplique. Vous ne me croyez pas ? Consultez ici les paroles. Et n'oubliez pas de pousser un gros soupir en fermant la fenêtre de navigation.