05 décembre 2009
Storm Media : gare aux usurpations Google !
Le téléphone sonne. Je décroche. De l'autre côté, en fond sonore, l'ambiance typique d'une plateforme téléphonique avec son brouhaha habituel.
– Monsieur Magister ? Ici Google France.
Jusque là, rien d'étonnant. J'avais inscrit depuis peu mon activité dans l'index de Google Local Business. Lors de l'inscription, il est bien stipulé que Google se réserve le droit de vous téléphoner afin de vérifier les informations que vous avez soumises. J'ai directement pensé à cela.
– Nous vous appellons car vous êtes auto-entrepreneur. Depuis le début de cette année 160.000 personnes se sont inscrites à ce nouveau régime et Google a décidé de leur faire une petite place dans son moteur de recherche. Nous vous proposons d'améliorer votre référencement.
Tiens donc, Google fait dans le social maintenant ? J'écoute, pensant découvrir un nouveau service de Google.
– Nous vous proposons de rédiger une courte annonce pour votre entreprise et de la placer avantageusement en première page des résultats de notre moteur de recherche avec un lien vers votre site pour les recherches faites dans votre région et les régions autour de la votre. Vous choisissez pour cela 5 mots-clés et après un mois, nous vous renvoyons les statistiques et il est possible d'ajuster vos mots-clés à votre convenance. C'est 140 euros pour le mois d'essai, puis 40 euros pour les mois suivants.
Je fais vaguement le lien avec les liens sponsorisés proposés par le service Google Adwords, qui utilise pourtant le principe du pay per click. Peut-être ofre-t-il le service maintenant à coût fixe.
– Je ne suis pas très intéressé. J'utilise déjà pas mal de services Google. Je suis déjà répertorié dans Google Local Business, sur Google Maps.
– Je sais, je vois votre profil. Et la dame lit la première phrase de la description de mes services.
– De plus, ma clientèle cible est plutôt située en Flandre et aux Pays-Bas.
– Attendez, je demande à mon chef. (Après un instant) Il me dit que c'est tout à fait possible de cibler une autre région, même étrangère, et c'est le même prix.
Allons bon, comme par hasard. Je décide de me laisser le temps de réfléchir. Peut-être que l'opération pub peut valoir le coup malgré son prix. Je lui dit donc que cela ne coûte rien de m'envoyer un mail détaillé de l'offre. Elle répond qu'elle ne me donne que 24 heures de réflexion, car c'est la politique du premier arrivé, premier servi. D'accord, dis-je, on verra ma réponse demain. Et là, stupeur : elle me demande mon adresse e-mail ! Je lui dicte, un peu surpris, mon adresse Gmail. « Ah c'est bien, vous êtes déjà chez nous pour vos mails ! » Sans blagues ? Elle dit travailler pour Google France, voir mon Google Profile, mais elle est surprise que j'utilise une boîte Gmail (qui est, je le rappelle, indispensable pour environ tous les services de Google).
Elle raccroche, mais je suis pris d'un doute. Je vérifie mon profile Google. C'est bien ce qui me semblait : il n'est nulle part fait mention de mon statut d'auto-entrepreneur. De plus, la phrase qu'elle m'a lu ne correspond pas à la description que j'ai écrite et mes coordonnées téléphoniques sont cachées. En fait, elle a utilisé mon profil sur un index d'auto-entrepreneurs, où l'on retrouve mon numéro de portable et la phrase qu'elle a lu.
Une dizaine de minutes plus tard, je reçois l'e-mail. Plus de doutes possibles : cette société n'a rien à voir avec Google ! Il est signé « Google Storm Media ». Après une recherche simple dans, justement, Google, je trouve plus d'informations sur cette société qui démarche donc en se faisant passer pour le moteur de recherche. Il s'agit tout bonnement d'une fraude.
Le truc est simple : ils appellent en se faisant passer pour Google et proposent, ni plus ni moins, ce que propose Google AdWord ! Je me suis inscrit et j'ai simulé une campagne pour vérifier. Il s'agit bien de la même chose, mais en moins cher. Tout ce que fait Storm Media, c'est d'ouvrir une campagne Google AdWord pour vous (je suppose avec un gros compte client à eux), et de se sucrer très largement au passage : 140 euros pour le premier mois, au lieu des 10 euros d'activation réclamés par Google. Ensuite, le budget mensuel est libre.
Ainsi, on ne trouve aucune trace de plainte déposée à leur encontre par Google : pour eux, Storm Media doit être un gros client AdWord qui fait de la sous-traitance. En soi, cela n'a rien d'illégal, car n'importe quelle société de SEO (Search Engine Optimizer) peut vous proposer la même chose. Si ce n'est que Storm Media se fait passer pour Google en démarchant, mais pousse la prudence à se nommer « société représentative de Google » dans leurs mails, pour ne pas laisser de traces. C'est de l'usurpation, pure et simple, et ça, c'est illégal.
Auto-entrepreneurs, si vous lisez ceci, ne vous faites pas avoir : même si le service proposé fonctionne, ne payez pas ces arnaqueurs pour un service que vous pouvez activer vous-même, et au budget que vous désirez.
Storm Media opère depuis plus d'un an. Ils ont commencé par démarcher des sociétés irlandaises en utilisant la même méthode de pêche aux numéros dans des annuaires professionnels. Ensuite, ils ont ciblé le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Actuellement, ils opèrent depuis l'Espagne en ciblant les auto-entrepreneurs français. Ils ont entre-temps changé plusieurs fois de nom : Storm Media, Match Maker, Top Spot Marketing, Zenith Marketing, Sphere Marketing, First Search Consultancy, First Search Consultancy, Apex Media, etc.
Retrouvez ici l'article (en anglais) qui m'a mis la puce à l'oreille : http://www.ronanobrien.info/selling-first-place-on-google-scam/
Apparemment, ils étaient bien moins prudent auparavant : ils prétendaient vous offrir la première place des recherches organiques dans Google (ce qui absolument impossible à faire, à moins de recourir au procédé condamnable de bombardement Google) et envoyaient des mails avec le logo de Google en en-tête. En réajustant leur technique, ils restent dans un cadre tout à fait légal, l'usurpation ne dépassant pas le stade du démarchage.
P.S. : Ils devaient me rappeler le lendemain, mais j'ai envoyé un e-mail quelques heures plus tard pour décliner leur offre et en précisant qu'il n'était plus la peine de me téléphoner. Engager la conversation sur leur usurpation ne servirait à rien, encore moins avec une opératrice de call center qui n'est évidemment pas une preneuse de décisions dans la société.
04 décembre 2009
P comme palindrome
Aujourd'hui, j'apprends les figures de style en m'amusant :
Richard Gasquet : tiré par les cheveux ?
Vous vous en souvenez, Richard Gasquet était accusé il y a quelques mois d'avoir consommé de la cocaïne lors d'une soirée people à Miami. Fin juillet, il est disculpé suite à un test capillaire. Les analyses sont formelles : aucune trace de cocaïne dans son organisme. Le premier test aurait été "contaminé" par un baiser donné à une jeune femme consommatrice de cocaïne. Gasquet avoue même que ce soir-là, il avait roulé une bonne dizaine de patins. Au moins, il n'a pas peur de la mononucléose.
Cette disculpation lui valut bien entendu quelques bons titres, comme celui-ci, tiré du Parisien :
"Gasquet blanchi par ses cheveux"
Ca serait presque une blague, quelques mois plus tard, Gasquet se fait mannequin et vante les mérites de ... Head & Shoulders, shampooing miracle grâce auquel il n'a pas de pellicules ! Il affirme donc sans rire que :
« Avoir et conserver de beaux cheveux est pour tous les sportifs de haut niveau un vrai défi »

Rhôô qu'il est bôô !
Bien entendu, il ne faut pas voir le mal partout : le contrat avec Head & Shoulders était signé peu avant que n'éclate l'affaire de drogue, et la société n'a pas renoncé à cette publicité une fois le tennisman disculpé. N'empêche, des fois, y a des coïncidences plus vraies que nature :-)
28 novembre 2009
Alphabétisation
Ils devraient y retourner, y a encore du boulot ...

16 novembre 2009
Châtiment corporel
Presque un hasard de l’actualité, dans le même journal en ligne et à quelques minutes d’intervalle : la droite semble contre, la gauche est pour la fessée, mais pas pour les mêmes raisons :-)
en ce qui me concerne, je suis pour une fois plutôt du côté de la droite pourtant réputée pour son conservatisme. Cela fait en effet belles lurettes que j'ai compris que punir ne servait à rien. J'ai remplacé la fessée par le bien plus pédagogique facepalm, que j'adresse ici aux protagonistes de ces brèves :
12 octobre 2009
Renaud en vagabondage irlandais

Le dernier simple de Renaud est arrivé. Pour le lancement de son prochain album intitulé "Molly Malone", un premier extrait est déjà en pré-écoute sur deezer.com.
http://www.deezer.com/listen-4305232
Bon, on le savait, il fallait s'attendre à du vrai folklore. Eh bien j'ai content.
Pour le peu que l'on digère la musique folklorique irlandaise, la mélodie et l'instrumentation sont très respectueuses de cet esprit et apportent pourtant une touche de modernité dans les arrangements. Bonne réalisation.
Du point de vue des paroles, les traductions/adaptations devraient être signées Renaud. C'est cool, c'est du français. Le but avoué est donc de faire découvrir aux francophones monolingues la beauté de certains thèmes de ce folklore. "Vagabonds" touche par la sérénité du narrateur. Ce n'est pas une complainte mais un chant d'espérance. C'est juste un mec qui erre de train en train, de village en village, qui s'enrichit de ses expériences, n'est pas amer, ne se plaint pas d'être vagabond ou ouvrier à la petite semaine. Au contraire, c'est contraignant, mais il se sent libre. C'est le principe d'une philosophie qui s'explique en quelques couplets bien plus touchants qu'un road-movie. C'est un chant de marin sur terre :-)
L'énorme avantage que présente le concept de cet album annoncé, c'est du coup l'accessibilité au grand public. On se souvient de l'album de reprises de chansons du folklore chti. Des reprises qui parlaient certes aux plus chtis ou anciens d'entre nous, mais aux paroles parfois hermétiques et avec des arrangements plutôt "nus", froids. Bref, Renaud lui-même fut surpris par les ventes engrangées, certainement dues à son nom seul plus qu'à la portée universelle du disque. "Molly Malone" sera différent. Premièrement, le folk celtique revient à la mode et se trouve déjà dans le coeur de nombres d'amateurs souvent bien loin d'être des régionalistes bretons ou des immigrés d'origine irlandaise. Ensuite, comme je le disais plus haut, les paroles sont à la portée de tous et il excitera la curiosité certainement de ceux qui ne sont pas fans de Renaud mais se demanderont comment il s'en est sorti pour adapter ce très riche patrimoine culturel qui n'est pas le sien. Je prédis un bon succès pour cet album d'adaptations.
En ce qui concerne la voix enfin, il faut avouer que ça ne s'arrange pas, mais que cela reste audible et pas forcément désagréable. J'ai entendu pire dans des pubs bruxellois. Dès la deuxième écoute, l'oreille s'est de nouveau habituée. Heureusement, sur cet extrait, il n'a pas de note à tenir et ça ne va pas dans les aigus. En revanche, je l'ai entendu l'autre jour sur France Inter (interviewé par Mezrahi) : ce n'est plus un chat qu'il a dans la gorge, c'est une meute de hyènes.
Moi non plus, je ne pense pas qu'il y aura une tournée pour accompagner cet album, mais cela vaut peut-être mieux. Bien entendu, s'il y en a une, j'irai. Mais on est dans le droit de se demander si Renaud aura la force de tenir la distance avec cette voix-là. Qui plus est, une tournée promotionnelle pour un album de reprises, ce n'est pas exactement ce qui se fait de plus populaire. A moins de se borner à de petites salles ou des festoches, avec une setlist de 60 minutes. Pourquoi ? Parce que ça ne le ferait pas vraiment de chanter Vagabonds et Molly Malone entre deux "tubes" genre Germaine et Manhattan-Kaboul. Alors que dans l'autre sens, il pourrait glisser la Balade Nord-Irlandaise et Marchand de Cailloux au milieu de son nouveau répertoire.
Bref, j'admets m'être attendu à moins bien. J'espère rester sur cette note très positive en écoutant le reste. On verra bien.
02 octobre 2009
2000 ans de bricolage.

15 septembre 2009
Ce que le support informatique pense de vous
Je n'ai pas l'habitude de transmettre des mails en chaînes ni de prêter trop d'attention à se genre de texte qui pulule sur le net, mais celui-ci, en plus de ne pas être si répandu que ça, mérite vraiment lecture.
Qu'a-t-il de spécial ? D'après la légende, il aurait été envoyé à tous les employés d'une entreprise par le chef du service informatique un jour qu'il était de mauvais poil, qu'une goutte a fait déborder le vase de Soisson qui a cassé l'allumette qui mit feu aux poudres. Si l'on peut toujours douter du fait que ce mail à bien été envoyé, il émane très certainement de quelqu'un qui sait de quoi il parle ! Lisez plutôt :
Nouvelles consignes par rapport à notre service informatique
- Quand vous nous appelez pour déplacer votre ordinateur, rappelez-vous toujours de le recouvrir préalablement d'une demie tonne de cartes postales, de photos de bébés, d'animaux empailles, de fleurs séchée, de trophées de fléchettes et de dessins d'enfants. On n'a pas de vie personnelle et on apprécie grandement de voir la votre exposée ainsi.
- Quand une personne du service informatique vous dit qu'il arrive de suite, allez prendre un café. De cette façon, vous ne serez pas là quand on aura besoin de votre mot de passe. Ce n'est rien pour nous de retenir 300 mots de passe...
- Quand vous trouvez une personne du service informatique en train de déjeuner à son bureau, engueulez-le de suite. On existe uniquement dans le but de vous servir.
- Envoyez les e-mails urgents tout en MAJUSCULES. Le serveur de courrier les repère et les envoie comme étant urgents.
- Appelez-nous quand vous avez besoin de vous débarrasser d'une douzaine de vieux moniteurs. nous sommes des collectionneurs.
- Quand un informaticien qualifié vous dit que les moniteurs n'ont pas de cartouches à l'interieur, objectez. On adore les disputes.
- Quand un membre du personnel informatique vous dit qu'il arrive bientôt, prenez une voix blessante et dites : -"Vous voulez dire combien de semaines, par bientôt ?". Ca nous motive.
- Si l'imprimante n'imprime pas, recommencez l'impression au moins 20 fois. Les travaux d'impression tombent souvent dans des trous noirs.
- Si l'imprimante n'imprime toujours pas au bout des 20 tentatives, envoyez l'impression à toutes les 68 imprimantes de l'entreprise. L'une d'elles doit marcher.
- N'apprenez jamais la dénomination correcte pour quoi que ce soit de technique. On sait exactement à quoi vous vous referez par " mon bidule à foiré".
- N'utilisez jamais l'aide en ligne pour répondre aux plus simples de vos questions. L'aide en ligne, c'est pour les lopettes.
- Si le câble de votre souris n'arrête pas de renverser le cadre de la photo de votre chien, soulevez l'ordinateur et fourrez le câble en dessous. Ces câbles ont été conçus pour résister à la pression de 15 Kg de matériel informatique.
- Si la barre d'espacement de votre clavier ne marche plus, accusez la mis à jour du client de messagerie. Les claviers sont en fait très heureux avec une demie tonne de miettes de gâteaux dedans.
- N'hésitez surtout pas à dire des choses comme : -"Je comprends rien à toutes ces conneries d'ordinateurs". Ca ne nous gêne pas du tout d'entendre que notre domaine d'expertise professionnelle est une connerie.
- Si vous avez besoin de changer le toner d'encre dans un imprimante, appelez le service informatique. Changer le toner est une tache extrêmement complexe et les constructeurs recommandent qu'elle soit effectuée par un ingénieur professionnel avec une maîtrise en physique nucléraire.
- Si votre ordinateur ne s'allume pas, venez vous plaindre à nous avant de vérifier s'il est correctement branché.
- Si quelque chose ne va pas avec votre ordinateur, demandez à votre secrétaire d'appeler la maintenance. On adore le challenge d'avoir affaire à une tierce personne qui ignore absolument tout du problème.
- Quand vous recevez un film de 30 Mo, envoyez-le à tout le monde dans l'entreprise en pièce attachée. On a plein d'espace disque sur ce serveur de messagerie.
- Ne pensez jamais à diviser les gros travaux d'impression en plusieurs petits. Quelqu'un pourrait réussir à incruster un mémo dans la file d'attente.
- Quand une personne du service informatique entre dans l'ascenseur en poussant un chariot contenant plus de 600'000 F de matériel, exclamez-vous : -"Bon dieu, vous prenez l'ascenseur pour descendre juste un étage !? ".
- Quand vous tombez sur une personne du service informatique le samedi au supermarché, posez lui une question sur les ordinateur. On travaille aussi le Week-End et les jours fériés.
- Quand vous avez un problème avec votre PC à la maison, déposez-le en vrac sur un siège au service informatique, sans surtout indiquer votre nom, votre numéro de téléphone et la description du problème. On adore les énigmes.
- Quand vous amenez votre PC de la maison pour le faire réparer au bureau, laissez toute la documentation chez vous. On saura retrouver les paramètres et les drivers ailleurs.
- Oui, bien sûr, de 7 à 9 et de 18 à 19h, souvent plus, on est au boulot devant nos écrans pour faire exploser nos scores au solitaire.
- Et non, bien sûr que non, nous n'avons vraiment pas l'impression d'être fréquentés par intérêt.
12 juin 2009
Expressions Honnies (Épisode 5)
« C’est mon dernier mot », en général suivi du prénom de l’interlocuteur, quand ce n’est pas par un cordial « Jean-Pierre », évidemment par clin d’œil à la phrase-clé de l’émission « Qui veut gagner des millions ? » animée par Jean-Pierre Foucault. Au début, c’est marrant. A la fin, et surtout quand on vous appelle Jean-Pierre, c’est usant. On aimerait répondre que si c’est ton dernier mot, eh bien crèves, connard. Mais ça serait méchant. Cela montre une fois de plus l’influence de la télévision, principal relayeur d’inepties, sur le vocabulaire de tout un pays.
Ca me donne vraiment envie de dire des grossièretés quand on me dit : « J’ai envie de dire … » BEN ALORS DIS-LE ! Ne te retiens surtout pas pour moi, vu que tu vas le dire quand même dans la subordonnée. Je me doutais déjà que cette expression sous-entendait quelque part : "Parce que peut-être vais-je dire quelque chose qui ne va pas du tout vous plaire, peut-être même est-ce une énorme connerie, alors je vous préviens tout de suite, j'ai envie de dire signifie que je ne l'ose pas vraiment, mais que je le fais quand même mais je vous aurais prévenu alors pas taper sur la tête à moi !" Bien entendu, c'est le message que la personne veut faire passer, alors qu'en général, elle pense : "Je dis ce que je veux et je vous emmerde, mais ça fait plus diplomatique quand on commence comme ça".
Eh bien ! En voilà un qui est d'accord avec moi, sur ce blog de 24 heures philo.
« Okay », prononcé sur le ton du personnage de Jacqouille la Fripouille. Premièrement, je n'en vois pas la drôlerie. Deuxièmement, imiter un personnage de film idiot (je veux dire le personnage … enfin le film aussi) n’est pas des plus valorisant. Troisièmement, le film commence à dater et si l’expression n’est pas passée de mode, elle commence a être désuète. Tant mieux !
Il n’y a pas de mal à utiliser des répliques de cinéma dans des conversations courantes (et si vous le faites, je ne vous jette pas la pierre, Pierre - non, je déconne), histoire de montrer qu'on a aussi des références culturelles. Mais quelles références ! Je ne connais que peu de gens capables de me citer de mémoire les répliques les plus tordantes de Michel Audiard. Pourtant, certaines de ses phrases mériteraient d’être apprises en cours de français dès le CP : « Mais moi, les dingues, je les soigne. J'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère ! J'vais lui montrer qui c'est Raoul ! Aux quat' coins de Paris qu'on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m'en fait trop, j'correctionne plus : j'dynamite ! J'disperse ! Je ventile ! »
Certes, ce film de plus de 40 ans est lui aussi passé de mode, mais ça m’en a tout de même une autre gueule que de passer pour un débile en couinant « Okay ! » Disons que le texte est plus … étoffé.
Vous ne rêvez pas, l'illustration ci-dessus est bien la pochette d'un CD 2 titres reprenant cette fameuse réplique. Vous ne me croyez pas ? Consultez ici les paroles. Et n'oubliez pas de pousser un gros soupir en fermant la fenêtre de navigation.
31 mars 2009
La mascarade des évaluations CM2
Plusieurs réactions dès l’annonce, hier, des résultats globaux de ces fameuses évaluations CM2. Heureusement, en ce qui concerne la majorité des enseignants et la plupart des parents d’élèves, elles vont toutes dans le même sens. Comme bon nombre d’entre eux je suis d’avis que ces évaluations :
ont été inutile
pire, ont été une perte de temps
que le ministère, de nouveau, et comme prévu, fait dire aux résultats ce qu’il avait envie de leur faire dire, peu importe le calcul.
Ceci ne remet pas en cause le fait que des évaluations nationales PEUVENT avoir une utilité, notamment celle faussement évoquée par le ministère de l’Education Nationale, c.-à-d. de détecter les élèves en grande difficulté avant l’entrée en 6ème. Mais cela n’est possible qu’en étudiant les résultats classe par classe, au cas par cas, et certainement pas en se gaussant que « les petits français sont plutôt bons élèves, sauf les moins bons ». (C’est idiot mais c’est presque ce qu’on peut lire dans les journaux aujourd’hui). Je tiens à expliquer ici en quoi ce qui s’est fait en février n’a rien à voir avec ce louable objectif de détection (très tardive) de lacunes.
Des évaluations mal ficelées et au mauvais moment
Evaluer les CM2 sur leur programme scolaire de l’année, cela paraît pourtant logique, ne devrait pas se faire au mois de février. Le second semestre est à peine entamé et les enfants n’ont pas vu 30 % au moins de la matière interrogée. S’ajoute à cela des questions portant clairement sur des sujets hors programme (très peu seulement, mais tout de même …) ou de la matière de l’année précédente (quelques unes, mais tout de même …), qu’ils devraient certes avoir assimilée mais qu’ils n’ont pas rafraîchie.
Un système de notation binaire
Les évaluations se faisaient sous forme de séries de questions et d’exercices. Certains grands exercices, comme l’analyse de texte, étaient divisés en plusieurs items à 1 points chacun. Il n’en était pas ainsi de tous les exercices, bien au contraire. Le plus flagrant était pour les séries de mathématiques, où une question-item pouvait être composée de 4 à 8 (!) opérations et ne valait qu’un point en tout. Il suffisait de rater une opération pour que les autres (même bonnes) soient invalidées par un zéro pointé. Même sanction donc pour l’élève qui fait une petite faute d’attention ou se trompe d’un seul chiffre et pour l’élève qui est incapable d’effectuer la moindre soustraction et laisse une page vierge. Zéro pour les deux. Ce n’est pas, selon moi, la meilleure manière de « détecter les élèves en difficulté ».
Des notes globales « élastiques »
Conscients des problèmes mentionnés ci-dessus, certains professeurs – sur conseil de leur syndicat ou non – ont eut la bonne idée d’adapter le système de note binaire ainsi que la matière interrogée.
C’est ainsi que certains professeurs n’ont pas fait passer certaines séries de questions portant sur de la matière non encore vue en classe. D’autres, probablement, ont soufflé des réponses, d’autres encore ont résolus les items litigieux en groupe.
De la même manière, certains ont utilisé le système de calcul des notes dit « système binaire » proposé par le ministère. D’autres ont attribué des demis ou des quarts de points pour les items à réponses multiples et cela avec pour dénominateur soit l’ensemble des items, soit seulement les items portant sur de la matière connue. La différence ? On passe facilement d’un 40 points sur 100 items à 40 points sur 70 items si on retire les items non vus. Soit un bon de 40% à 57% de moyenne pour le même élève que l’on évalue en février sur ce qu’il devrait savoir en juin. On le constate, les combinaisons sont multiples et bravo à l'académie qui trouvera le tiercé gagnant.
Un exemple parmi tant d’autres : 3 mesures, 3 poids !
J’illustre mon propos avec un cas réel : celui de la classe de CM2 de ma conjointe. Une classe plutôt représentative, avec ses 2 ou 3 élèves très doués, voire légèrement en avance, sa masse d’élèves moyens ayant chacun leurs matières préférées et/ou leurs points faibles et enfin un élève avec de grandes difficultés d’apprentissage.
Ma conjointe a donc passé tout un dimanche à se dépêtrer avec les évaluations pendant que je l’aidais à compter les points. Le résultat statistique est plutôt surprenant selon que l’on applique l’une ou l’autre méthode de correction.
En appliquant la « méthode généreuse », c.-à-d. en mettant de côté la matière non étudiée et en donnant des demis et des quarts de points pour les réponses partielles, on se rend compte que l’évaluation, à de rares exceptions près, reflète l’idée que se faisait l’institutrice des compétences acquises (car le titulaire de classe n’est-il pas à mieux de déceler les lacunes lui-même ?).
En appliquant une « méthode intermédiaire » qui passe la matière non connue tout en supprimant les possibles demi-points (donc zéro à la moindre erreur), les résultats sont déjà plus disparates et surtout fortement revus à la baisse. Si les plus doués ne s’en sortent pas plus mal (car ils ont beaucoup moins de réponses partielles), le résultat est beaucoup plus contrasté pour les élèves bons à moyens. La moyenne de classe chute drastiquement et certains, ne pouvant se rattraper à des réponses partiellement correctes (donc, avouons-le, partiellement fausses) tombent dans les bas-fonds du classement. La moyenne par élève descend de 10 à 15% : moins de 10 pour les meilleurs, près de 20 pour le plus faible. C'est beaucoup.
Troisième technique de notation enfin, la plus radicale, la « méthode ministérielle ». On compte zéro pour les items portant sur la matière du second semestre (puisqu’à part les rares qui sont en avance sur le programme et quelques « coups de chance », si on pose une question sur un sujet non connu, l’élève ne peut y répondre) et évidemment zéro pour les réponses partiellement incorrectes. Avec un handicap de départ de 30 % ou plus, c’est l’hécatombe. Seule survivante à la méthodologie du ministère : la première de classe s’en tire avec un peu plus de 50% de moyenne, la seconde et le troisième avec pile la moyenne ou un peu moins, et le reste de la classe est relégué au rang d’élèves en très grande difficulté avec une moyenne globale d’à peine 40%.
Résultat des courses, les notes de la première méthode, la plus généreuse, mais la plus représentative, peuvent au moins servir à voir au cas par cas qu’Untel est plutôt faible en maths ou en Unetelle en Français, ce qui ne s’était pas forcément affirmé en classe et à quoi il faudra remédier. Les premiers de la classe de ma conjointe affichent entre 80 et 90% de moyenne, les moyens dans les 60 à 70 et les moyens plutôt faibles gravitent autour des 50%. Notre élève en difficulté, lui, ferme la marche avec une trentaine de points. Aucun problème donc pour détecter les élèves en difficulté (comme si l’instituteur ne l’avait déjà pas remarqué de lui-même). La méthode « ministérielle », elle, ne sert qu’à montrer des cohortes d'analphabètes et ne détecte rien du tout, si ce n’est des très bons élèves à 50% et des cancres à moins de 10%.
De la nullité de statistiques globales et nationales
Mais dans ce chaos d’évaluations que les enseignants ont dû faire passer à la va-vite avec des mots d’ordre divergeant selon les syndicats, les académies et les autorités et avec des méthodes d’application et de notation différentes, les profs ont tous fait l’évaluation et calculé les notes à leur propre sauce. Cela fausse évidemment les statistiques et n’apporte rien, ni au ministère, ni aux élèves, tout juste de quoi remettre une thune dans le bastringue du débat. Pire encore, les évaluations ont retiré deux jours de cours sur un programme déjà bien rempli et elles ont requis 1 jour à 1,5 jour de corrections et de calculs sur le temps de préparation des profs. Du gâchis pur et simple.
Je me pose donc à double titre la question de savoir à quoi servent les statistiques nationales rendues publiques hier par le ministère ? Premièrement, parce que, comme je viens de l’expliquer, les statistiques sont faussées dès le départ, étant donnée la diversité des méthodes d’application et d’évaluation des tests. Deuxièmement, il est légitime de remettre en cause le principe même de statistiques nationales. A quoi cela peut-il bien servir de faire savoir au monde entier que « les élèves français qui doivent rentrer au collège ont une moyenne globale d’autant de pourcent, avec autant de pourcent de cancres et autant de pourcent de surdoués » ? Ca fait des titres dans les journaux, au mieux cela ranime un petit sentiment de chauvinisme dans les couches populaires fières de ses charmantes têtes blondes ET intelligentes.
Et après ? Cela change quoi au système d’éducation français ?
Cela veut dire quoi pour les instituteurs qui tous les jours se trouvent devant des élèves aux niveaux très variables et doivent se dévouer autant pour ceux en difficulté que pour les autres ?
RIEN.
En conclusion, les évaluations sont une mascarade politique dont l’objectif, mal défini, s’efface derrière la seule utilité possible des résultats : leur utilisation par le Ministère pour se défausser sur le personnel enseignant, qui, c’est bien connu, ne fout rien et n’apprends rien aux enfants. Raison de plus pour qu’il y en ait moins et pour que ceux qui restent se tapent des semaines de 40 heures et plus, dont plus de la moitié avec des classes de 25 à 30 élèves ! Merci Darcos.
28 mars 2009
De la "Novlangue" au "parlé cash"
Enfin ! Enfin j’entends des opinions
qui vont dans le même sens que les miennes sur un des sujets de
société qui m’est le plus cher. Vous avez pu le constater au fil
de mes billets « expressions honnies », mais aussi à travers mon
abécédaire et par quelques allusions dans d’autres billets
encore, j’essaie de véhiculer mon dégoût du politiquement
correct et de la langue de bois. Ce sont deux concepts différents,
évidemment, mais qui quelque part se rejoignent dans le sens où
leur but sous-jacent est d’amenuiser le pouvoir de réflexion en
appauvrissant le langage courant.
Depuis peu, je me rends compte
que je ne suis heureusement pas le seul à m’inquiéter de cette «
Novlangue
» à la française (la Novlangue est ce même processus appliqué
dans l’excellent roman d’anticipation 1984 de George Orwell –
voir le lien Wikipedia).
Voici donc que tour à tour, deux personnalités publiques s’attaquent au phénomène par le biais de leurs chroniques. La première est Gérard Filoche, inspecteur du travail, qui nous fait part d’une anecdote très révélatrice et qui dénonce la manipulation de langage dans le milieu des ressources humaines (voir sur le même sujet mon billet « Animer une équipe »). Il nous explique de manière assez cocasse l’ancrage du terme « mes collaborateurs » pour remplacer les sous-fifres.
La seconde bonne nouvelle m’est
parvenue lundi matin par les ondes de France Inter. Le très bon
éditorialiste politique et matinal Thomas
Legrand constate, amer, la
vulgarisation du langage politique, appelée pudiquement le « parler
cash ». Cela se passe de commentaires, car cette chronique traduit
exactement ma propre pensée.
Retrouvez l’intégralité de
ces deux articles respectivement sur les liens suivants :
«
Mes
collaborateurs …
» par Gérard Filoche
«
Parler
Cash » par Thomas Legrand
Expressions honnies (Episode 4)
Vous allez finir par me prendre pour un antisportif primaire. C'est faux. Je n'ai rien contre les gens qui courent pour le plaisir, s'affrontent pour la beauté du geste, courent derrière des médailles comme un premier ministre derrière la croissance de son pays, même si ce sont des concepts qui m'échappent. Je vais même vous faire un aveu : j’ai moi-même pratiqué un sport pendant plus de 10 ans. Le judo, dans mon esprit, était une occupation saine où en plus d’apprendre à se maîtriser et à se défendre, on apprend le respect de l’adversaire et le respect de règles. On ne peut pas en dire pareil de tous les sports, surtout les plus populaires. Et en plus, cela me faisait un cercle social en dehors de ma piaule et de mon bahut.
Bref, je n’ai rien contre les athlètes, surtout quand ils sont plus forts que moi. Ceux que j'ai dans le collimateur et qui sont bien plus bêtes que ce que l'on dit des sportifs, ce sont ceux qui commentent leurs exploits. Les chroniqueurs sportifs battraient même les politiciens sur le maniement de la langue de bois, des expressions toutes faites, de l'emploi des clichés creux, des images vides de sens.
Dernier exemple en date : tombant par
hasard sur la rubrique sportive de France 3 régions après le
journal télévisé, je me dis que cela ne me coûterait rien de
prêter l'oreille aux résultats des sports populaires. Ca me fera
toujours un sujet d’échanges verbaux avec mes partenaires de
machine à café au boulot.
Horreur et damnation ! J'entends le
commentateur (je refuse d'appeler ces gens des journalistes, le
métier est déjà bien assez dévalué comme cela) encourager un
quelconque sportif en ces termes : « Allez ! Allez ! Faut tout donner !
Tu vas rien lâcher ! »
L'une et l'autre expression n'ont déjà
pas beaucoup de sens au départ, mais dites d’un seul trait dans la
même phrase et au-delà de la figure de style (oxymore) qui consiste
à dire « tout » et, justement, son contraire, on a carrément un
contresens, ou plutôt un non-sens. Je m'explique.
Dans « tout donner, » je me demande de quel tout il s'agit. Donner tout quoi ? Est-ce une question de générosité et d'avarice ? Tout ce qu'on a à donner ? Donne-t-on tout ce qu'on possède ou seulement toute son énergie ? « Ne rien lâcher, » au contraire, suppose que l'on doit tout garder pour soi. Notez que « lâcher » signifie ici plus ou moins la même chose que donner. « Il n’a pas voulu lâcher un bifton » ou « il n’a pas voulu donner d’argent » ont la même signification, bien que de registre différent. En une seule proposition, on demande donc à ce sportif de « tout donner »et de « ne rien donner » ou encore « lâches-toi, mais ne lâches rien. » J'imagine la gestuelle qui accompagne le conseil prodigué. Le grand dadais en short qui se voit obligé de tendre une main et de garder l'autre dans sa poche. Si c'était moi, je lui donnerais une prune et je lâcherais une caisse. C'est tout ce que j'ai à offrir à un commentateur sportif mal instruit.
La phrase est donc non seulement
contradictoire, mais aussi affligeant. Si ces gens qui se disent
journalistes l'étaient vraiment, ils utiliseraient plutôt, sans
contresens, des expressions comme : « Il faut persévérer et ne
surtout pas baisser les bras. » Ils exhortaient les sportifs à «
s'investir sans se démoraliser » ou tout simplement à « faire de
leur mieux sans faillir ».
Seulement, ces grands reporters des
arènes sportives préfèrent parler comme des ados qui se donnent un
genre en massacrant la langue à petits coups de petites phrases très
moches.
Je suis décidé à tout donner pour
les dénoncer et à ne surtout pas les lâcher.
Expressions honnies (Episode 3)
Il y a peu, je cherchais une agence de
création web. Parcourant les sites de webdesigners de mon
département, je tombe sur d'innombrables pages toutes plus belles,
plus professionnellement et plus savamment composées les unes que
les autres.
Mon poil se hérissa pourtant en lisant
l'introduction de l'une de ces agences, que je vous cite ici de
mémoire hélas, car je ne retrouve plus le lien :
« Notre philosophie d'entreprise s'inscrit dans une démarche de qualité orientée client. »
Suivaient quelques autres phrases à l’emporte-pièce. J’ai cru lire des copiés/collés de prospectus de vente par correspondance. Ma formation de linguiste m'interdit de considérer que telle ou telle langue est moins belle ou moins intéressante qu'une autre. Mais avec la langue de bois, des fois, j'ai vraiment du mal.
22 janvier 2009
Xavier Darcos : l'efficacité au service de l'inutile
France Info m'informe que Xavier Darcos annonce la
création de 5.000 emplois dans l'Education Nationale.
-- Aha !
Et quoi comme emplois ?
Des médiateurs de la réussite.
Rien que
ça. Ca ronfle, c'est beau.
-- A quoi serviront-ils exactement
?
A sensibiliser les élèves et leur famille sur le décrochage
scolaire. Seulement, leur formation reste un sujet flou. On ne sait
pas trop d'où ils viendront et pourquoi ajouter une nouvelle
fonction à un travail qui échoit déjà aux assistantes sociales,
par exemple.
Pour enrayer l'absentéisme, Darcos crée des
emplois alors que d'autre par, il réduit fortement les effectifs des
RASED, ces fameux maîtres spécialisés pour les élèves en grande
difficulté, en les réintégrants comme enseignants ordinaires.
Vous trouvez cela logique vous ?
Pour
combattre l'absentéisme, il y a plus simple et moins couteux :
rendre la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans, comme c'est le cas
dans beaucoup de pays, dont la Belgique. Ca n'empechera pas les
redoublants de quitter le lycée sans passer le bac dès leur
majorité acquise, mais c'est certainement plus efficace que le
harcèlement d'un médiateur sorti des manches du magicien Darcos. Et
les 5.000 emplois alors, me direz-vous ? Je pense qu'il serait tout
aussi efficace d'investir dans le développement du réseau RASED et
d'augmenter le nombre de professeur pour qu'il n'y ait jamais plus de
20 élèves par classe. On pourrait du même coup supprimer les
heures de soutien obligatoires par les maîtres.
Mais il ne
faut pas demander à Xavier Darcos de trouver des solutions efficaces
quand, au mieux, il ne fait que trouver des problèmes qui n'ont même
pas lieu d'exister.
Darcos, c'est comme un comique pas drôle : dès qu'il ouvre sa gueule, c'est pour dire une énorme connerie. Malheureusement, ça ne fait même pas rire.
21 janvier 2009
Stéréotypes ?
C'est la RTBF (service publique belge francophone) qui nous l'affirme :
"Les stéréotypes sexuels existent toujours".
Sans blague ? C'est certainement une blonde pas très futée qui a écrit cet article !
19 janvier 2009
Des nouvelles du PS
A la une de Libération ce midi : "Parti Socialiste : on a retrouvé Martine Aubry !"
Mais putain, qui leur a demandé de la rechercher aussi ? Et après, on va encore dire que les services secrets français ne vallent quedalle. Encore un coup de Nicolas Sarkozy, je suis sûr !
L'obamaïsation des esprits
Encore un effet de mode peopolitique (il est beau cel néologisme-là, hein ?) ou une déviante de l'effet Obama, personne n'y échappera cette semaine : l'obamaïsation des esprits ! Ce matin, une belle manchette de la version électronique du Point :
"INVESTITURE J-1 : l'Obamastock lance en musique le début des festivités."
Et de commencer par un autre très joli néobamalogisme : "Après l'arrivée de l'Obama Express samedi à Washington."
WTF is the Obamastock ? L'article ne nous le dit pas ... mais le fait que la cérémonie d'investiture commence en musique me fait redouter une analogie avec Woodstock. Ainsi, l'Obamastock serait à la politique ce que Woodstock fut au mouvement hippy. Et pour ceux qui n'auraient pas suivi l'actualité de près, l'Obama Express est un gentil clin d'œil au fait que M. Barack Obama arriva à Washington en train pour copier son illustre prédécesseur Abraham Lincoln, qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne roulait pas en Ford Lincoln, vu que l'automobile n'existait pas encore.
Bref, cette semaine, et en dépit du fait que je me réjouisse évidemment de l'élection de Barack Obama, je sens que la presse française et internationale va me faire frôler l'obamoverdose.
22 décembre 2008
Expressions honnies (Episode 2)
Tout à fait en signe d'acquiescement, qui fut probablement popularisé par le fameux « Tout à fait, Thierry ! » de Jean-Michel Larqué à la fin des années 90. Les gens commencent enfin, peu à peu, à comprendre que cette forme est tout à fait incongrue [ndlr : et là je l'utilise à bon escient].
Entendu maintes fois à la télé ou à la radio :
« Notre prochain candidat est une candidate [ndlr : celle-là aussi elle est gonflante], nous accueillons Germaine. Alors tout d'abord Germaine bonjour.
-- Bonsoir. [ndlr : car Le Juste Prix passe le midi mais comme c'est enregistré le soir, y en a toujours pour faire la gaffe]
-- Germaine, vous êtes restauratrice dans une petite ville du Gers.
-- Tutafé.
-- Vous êtes marié et vous avez trois enfants.
-- Tutafé.
-- Alors Germaine, je sens que vous êtes venue pour gagner.
-- Tutafé. Le million ! Le million !
-- Héhé ! Germaine est une petite impatiente. Je ne vais pas vous laisser mariner dans votre jus plus longtemps [ndlr : petit clin d'œil de l'animateur, c’est le comble pour une restauratrice !]. Je vous laisse donc tourner la roue. Un petit mot pour les gens qui nous regardent ?
-- Tutafé.
-- Oui, ça fait tout juste un mot, très bien ! Peut-être un petit message personnel ?
-- Tutafé. Alors je voudrais faire un petit coucou [ndlr : une autre qui me saoule] à toute ma famille.
-- Votre mari et vos trois enfants qui n'ont pas pu venir aujourd'hui pour vous accompagner ?
-- Tutafé.
-- Ah mais Germaine attention ! La roue ralentit, elle s'arrête. Eeeeeeeeet ... Ah, dommage, c'est la case banqueroute et vous passez votre tour. Eh bien, l'important est de participer. Pas trop déçue ?
-- Tutafé.
-- Merci et à la semaine prochaine pour un nouveau question pour uuuuuuuuuuuuuuuuuuun champioooon ! »
La prochaine expression agaçante est issue, une fois n'est pas coutume, du milieu des commentateurs sportifs. Ceux-là mêmes que se sont rendus coupables de la prolifération de « tutafé » et de « montée en puissance ». Il s'agit de la phrase : « Telle équipe a perdu par manque de réalisme. » J'en veux pour preuve que cette expression ridicule est liée au milieu du sport : voyez vous-mêmes les titres de ces pages référencées par Google. Que du sport ou presque !
Je ne suis toujours pas certain d'où nos amis amateurs de sports qui se disent journalistes par le seul fait de passer à la télé nous sortent cette expression, ni quelle signification ils lui prêtent exactement. J'en ai une vague idée. Ca vaut ce que ça vaut, car je ne suis pas certain d'avoir bien compris ce que le réalisme de Platon ou de Thomas d'Aquin a à voir là-dedans. A moins qu'il ne s'agisse d'un hommage au courant artistique du XIXe siècle et que les têtes pensantes (pfihihi !) du monde sportif français (haha !) soient des aficionados de Hugo, Flaubert et Balzac. Allez donc savoir si "manquer de réalisme", pour des joueurs de rugby ou de foot, ne signifie pas plutôt qu'ils ne se sentent pas en mesure de recréer les mouvements stylistiques des pinceaux de Millet ou de Courbet en réalisant leurs dribbles par entrechats, leurs plaquages sur pointes ou leurs tacles en grand écart. Ca serait prêter de bien gracieuses prétentions à ces pratiques physiques.
Admettons plutôt qu'une équipe de football relativement médiocre, par exemple, arrive sur le terrain et croit être capable de battre le tenant du titre en lui collant 5 prunes dans les filets. Cette petite équipe manque singulièrement de réalisme et ferait mieux de croire qu'elle va se ramasser 5 prunes dans les filets.
Inversement, une excellente équipe qui foule la pelouse d'une amicale de province manque autant de réalisme que d'humilité en étant sûre de leur coller 5 prunes dans les filets au lieu de rester méfiant face aux petites équipes dont l'on ne connaît pas le jeu.
Deux équipes moyennes qui se rencontrent feraient chacune preuve d'un criant manque de réalisme en pensant coller 5 prunes dans les filets adverses.
En somme, quand on entre sur la pelouse avec l'envie de remporter le match, on manque tellement de réalisme que c'est bien fait si on perd. D'ailleurs, il n'y a que les perdants qui manquent de réalisme, c'est bien connu. Jamais l'on blâmera un vainqueur de son excès de confiance qui entraîne une relative perte du sens de la réalité (car je crois comprendre que c'est cela qu'on veut dénoncer, hors considérations artistiques). Au mieux, on félicitera le vainqueur pour son audace et pour avoir "tout donné" (encore une abomination verbale, tiens) !
Bref, les commentateurs sportifs manquent particulièrement de réalisme en croyant que la plupart des équipes feraient mieux de jouer pour perdre ou lieu d'avoir confiance en leur jeu.
Quand le succès est au rendez-vous, l'album de la maturité est salué par la critique ! Vous ne voyez la signification exacte de ce que ces clichés de haut vol ? Ca me rassure, car moi non plus !
L'album de la maturité, pour un interprète musical, c'est, parait-il, un album plus mûr que les précédents. Un truc sans prétention que l'auteur recadre dans les limites de la crédibilité (ou parfois de la débilité, hélas) des textes. Un truc sérieux, moins fantaisiste. Bref, l'album de la maturité sous-entend un ton grave. C'est du lourd. Au mieux, les critiques pas trop vaches ou qui doivent être gentils mais ne savent pas quoi dire de positif, se servent de cet euphémisme parce qu'il est aussi chiant d'en parler que de l'écouter. Au pire, c'est toujours une phrase que l'on utilise quand on ne sait pas quoi dire sur la galette, mais sans arrière-pensée.
L'album de la maturité, ça me fait hurler de rire (il y a longtemps que cela ne me fâche plus) quand il désigne le second album d'un gagnant de télé-crochet qui vient de fêter ses 22 ans et qui fait dans la variété la plus plate et dansante qui soit. L'album de la maturité me fait pouffer quand il s'agit du huitième album d'une chanteuse à voix gueularde qui réchauffe depuis 15 ans le même refrain de son premier tube de l'époque où elle était encore mineure d'âge.
Par manière de dérision, cette expression a déjà été utilisée pour des albums de débutants, pour des compilations et même pour le quarante-sixième album d'un artiste qui entre dans son demi-siècle de carrière musicale. Et c'est tant mieux ! Il faut continuer ! Tournons en dérisions, ridiculisons, conspuons ce cliché immonde qui ne se réfère, comme la plupart des expressions que je déteste, à tout et à rien.
Pour enfoncer le clou, cet album de la maturité, en plus d'être chiant à écouter, fut osuvent laborieux à faire car il est souvent "un nouvel album tant attendu" (on se demande parfois par qui). Tant attendu qu'il devrait en toute logique arriver en retard. Or, et c'est impressionnant, en général, "le succès est au rendez-vous". Ah bon ? Attendez que je vérifie mon agenda. J'avais rendez-vous avec le succès il y a deux mois, mais il m'avait posé un lapin. Je comprends mieux pourquoi, puisqu'il avait rendez-vous avec l'album de la maturité. Non mais on nous prends vraiment pour des cons, quand on y pense ! Si cela peut se dire qu'on "rencontre un certain succès", c'est purement fortuit et certainement pas SUR RENDEZ-VOUS, bordel de Dieu ! Rendez-vous, mon cul ! Conférence de presse, oui ! Tout est truqué ! Non seulement l'album de la maturité rencontre le succès lors d'un rendez-vous, mais en plus, ce n'est pas un tête-à-tête. La critique était invitée aussi ! Et qu'est-ce qu'elle fait quand elle voit l'album de la maturité se pointer au bistrot où le succès l'attends depuis deux ans devant une tasse de café froid ? Elle le salue !
Même pas qu'elle l'engueule, non ! La critique est là, et au lieu de critiquer, en bien ou en mal, elle salue ! Elle dit : "Bonjour ! Ca biche, le mature ?"
-- Ma foi, ça cartonne !" (car n'oublions pas que les albums, bien que manufacturés en polycarbonate, cartonnent. Tandis que les disques vinyles gondolaient).
-- Bon, tu m'en voudras pas, hein vieille branche, mais j'suis à la bourre là, j'ai pécho le succès, j'vais me l'faire avant que ça retombe.
-- On s'bigophone et on va en boîte ce soir ?
-- Ah ouais, ça tombe bien ! Sortir en boîte, ça va me changer de sortir dans les bacs !"
On croit rêver ! Si c'était encore à confirmer, je dirais que la critique est conne.
21 décembre 2008
Expressions honnies (Episode 1)
Je
ne sais pas si cela valait la peine d'ouvrir une nouvelle rubrique
pour autant, mais je ne pense pas que ce qui suit convient à
la rubrique « Abécédaire ». On
verra donc ce que cela donnera et si, à l'avenir, de nouveaux
tics de langages viendront encore remplir ces colonnes. Voici donc
une liste des expressions qu’on entend souvent et qui ont le don de
m’exaspérer. Ça doit vous le faire aussi, cet espèce
d’agacement, de hérissement de duvet à l’écoute
de certaines phrases toutes faites, de clichés surexploités,
d’expressions utilisées à tort et à travers.
Croquer
la vie à pleines dents : non mais qu’est-ce que
c’est que cet image toute pourrie ? Les trucs qui se croquent à
pleines dents, en général, ce sont des fruits. Je vous
conseille la pomme ou la poire. Évitez tout de même les fruits
trop juteux pour ne pas vous en mettre partout et surtout mâchez
bien avant d’avaler, parce que quand on croque à pleines
dents (pour le peu que les dites dents soient en bon état), ça
fait des gros morceaux dans la bouche. En tout cas, évitez de
vous faire mal en croquant la vie. Ca ne veut rien dire et ça
ne sert à rien. Mais à part ça, vous pouvez
continuer de profiter de la vie, ne vous gênez pas pour
moi.
Être pétri de certitudes ou d'autre chose, selon l’interlocuteur qui vous pétrira à sa guise avec ce qui lui tombe sous la main comme reproche à vous faire. Avant, cette action était l’apanage des boulangers qui pétrissaient surtout de la pâte à pain, et qui étaient bien embêtés quand il n'y avait plus de quoi pétrir, car ils se retrouvaient dans le pétrin. Mais comme certains d’entre nous sont trop bonne pâte, ils gobent tout ce qu’on leur raconte et y croient dur comme fer, du coup, ils sont pétris de certitudes. Du grand n’importe quoi. J’suis pétri de stupeur quand j‘entends ça.
Tourner une page de publicité est une expression heureusement tombée en désuétude. Je l'entendais à longueur d’émission dans les années 80. Je vous situe le contexte : nous sommes à la télévision, une personne payée pour montrer sa plus ou moins jolie gueule dans la lucarne l’est également pour nous avertir que la direction de la chaîne nous impose quelques minutes de spots publicitaires. Le présentateur ou la présentatrice pourrait annoncer en toute honnêteté : « C’est bon les gars, vous pouvez aller pisser en vitesse en attendant que l’émission reprenne parce qu’on doit changer la configuration du plateau et un invité est un peu à la bourre. Alors si au passage vous voulez vous chopper une bière au frigo, allez-y gaiement, on s’occupe de tout ! » Au lieu de cela, le beau gosse ou la belle garce de service essaie de nous faire croire que nous sommes en train de lire un magazine et qu’entre un reportage photo et un article sur l’épilation masculine se trouve quelques encarts publicitaires qu’il nous est totalement loisible de passer sans regarder. C’est à nous de tourner la page (de pub) pour revenir à la suite.
Déjà à l’époque, la télé nous prenait vraiment pour des cons.
Dans le cadre de / au niveau de / vis-à-vis de : ceux-là sont au langage ce qu’Eric et Ramzi sont à l’humour : des plaies.
En guise d'exemple, penchons-nous sur ce petit condensé de déclarations de ce délégué syndical (transcription au mot-à-mot que j'avais faite lors d'une réunion) : « […]ces trois points à distribuer vis-à-vis des gens qui font de la manutention au niveau de chez Delhaize » ou encore : « Et donc ma question va aussi bien vis-à-vis du Service, je dirais, de la Médecine du Travail, aussi vis-à-vis, effectivement, du Service Interne de Prévention, donc des conseillers en la matière, dans le cadre, effectivement, de leurs recommandations, qu’ils font, dans le cadre, effectivement, des visites approfondies, des visites spontanées, je ne sais tout quoi, hein, parce que … »
Eh oui, une question dans le cadre des recommandations faites dans le cadre de visites ! Au niveau de l’intelligibilité, je propose de bannir ces expression du vocabulaire courant et d'interdire au prolos de se « recauser » comme dit mon père en parlant de ceux qui éructent plus haut que leur cul.
Voici une locution qui en soi n'est pas une aberration, mais qui m'irrite par son omniprésence et surtout son usage multiple et répété absolument inadapté au contexte. L'apogée de l'usage abusif a été atteint lors des retransmissions télévisées des Jeux Olympiques de 2008 à Pékin. Lors d'à peu près toutes les épreuves de toutes les disciplines possibles et imaginables, l'on pouvait assister à la montée en puissance d'un athlète lambda qui n'avait pour seul mérite que de confirmer une progression constante de ses performances au cours de la saison ou de la compétition ou parfois, après un début d'épreuve mitigé, de repasser la plupart de ses adversaires. A la longue, c'est usant. Le pire, c'est que cette expression galvaudée est restée quelques temps dans les bouches pour qualifier quasiment toutes les remontées notoires, les performances remarquables, les progressions fulgurantes et mêmes les usages fréquents et les émergences, sans quelconque relation avec le sport. Vivement la chute en affaiblissement !
On vous l'a sûrement reproché aussi : il faut toujours appeler un chat un chat ... Et pourquoi, je vous prie, ne l'appellerais-je au moyen de divers sobriquets couramment attribués à cette espèce animale tels que mistigri, félin, greffier ou sac à puces et boule de poils ? Le mien s'appelle Chouchenn, mais je le hèle souvent par son surnom Chouchou. Il n'y que ma compagne pour fréquemment user de la dénomination « Le chat ! » quand il est en train de faire une bêtise. Dans ces situations-là, je le nomme « Nom de Dieu de sale bête », mais c'est plus long à dire et il ne s'entend pas à ce nom.
Bref, l'injonction autoritaire selon laquelle il faut appeler un chat un chat implique qu’on ne peut l'appeler autrement que chat. Mais pourquoi justement prendre le chat en exemple ? N'aurait-on pas pu dire « il faut appeler un radiateur un radiateur » ? Les espagnols, à ce qu'il parait, disent « il faut appeler le vin le vin et le pain le pain ». Le choix du nom est tout aussi arbitraire. En revanche, je suis absolument d'accord pour nommer les choses par leur nom (ou, au demeurant, par un synonyme). Ce qui signifie qu'il faut cesser de parler à mots couverts ou par euphémismes. Ou par expressions sottes.
19 décembre 2008
Le Figaro court toujours ! Mais que fait la police ?
Elle perquisitionne chez Julien Dray !
Zut alors, mauvais timing !
Décidément, l'archétype que l'on se fait des lecteurs du Figaro est parfois encore loin de la réalité. Permettez-moi de penser au cliché qui veut que derrière un Figaro déplié dans le métro se cache à tous les coups une tête de con. Je ne devrais pourtant pas généraliser, je le sais, puisque c'est justement ce que je reproche aux quelques spécimens dont je viens de lire la prose. Mais il y a des fois où tout raisonnement se révèle impossible.
Je lisais donc un article en ligne sur le site internet du Figaro. La question titre était de savoir si la perquisition de ce vendredi au domicile du député PS Julien Dray était une coïncidence du calendrier, puisqu'elle s'effectue dans le cadre d'une enquête sur des versements provenant, entre autres, du second syndicat lycéen FIDL et de SOS Racisme au profit de Julien Dray, et ce "par hasard" au lendemain d'une journée de forte mobilisation lors des mouvements de protestation des lycéens.
L'article reprenait les propos de Razzy Hammadi, secrétaire national du PS. Il sous-entend qu'il ne s'agit peut-être pas d'une coïncidence mais bien d'une manœuvre politique. Cela n'engage que lui. Je trouve que la relation entre les deux événements est plutôt maigre, sinon inexistante. Ce qui ne signifie pas que l'enquête ne soit pas "surveillée" de près par l'exécutif. C'est le seul commentaire que je me permettrais sur cette information. Or, il aura suffit de lire cette déclaration certes un peu provocatrice de Hammadi pour que nos amis conservateurs dégueulent leur haine de la gauche, de la jeunesse, des mouvements de protestation, et calomnient les protagonistes de cette affaire. Tout cela dans de jolies phrases à l'emporte-pièce, avec de beaux sous-entendus de complots gauchos sur fond de parasitisme des lycéens. Je vous laisse juge à la lecture de ces quelques réactions en pied de l'article (orthographe d'origine – sic). La mise en gras est de moi:
J.R.BIGA : "Et si la nouvelle de l'inculpation éventuelle de DRAY, dévoilée par "le Monde" (journal proche du PS) émanait d'un de ses "amis" qui lui veut du bien. Après tout ce qu'on vient de voir au sein de ce parti c'est très possible, sinon probable."
Et Libération ? C'est l'organe officiel de l'AFP ?
susic10 : "le parquet de Paris précise que le signalement de la cellule antiblanchiment du ministère des Finances, Tracfin, qui a donné lieu à cette perquisition, a été effectué le 28 novembre. Les manifs des jeunes lyceens de gauche n'avaient pas encore commencé. c'est beau la mauvaise foi socialiste"
Les vieux lycéens, ainsi que les lycéens apolitiques ou de droite, eux, ont assuré le Service Minimum d'Accueil dans les bahuts (et ils t'emmerdent au passage) !
vezir001 : "Ou est le problème du timing ? Le fait que M. Dray semble avoir beneficié des sommes versé sur son compte personnelle n'a rien a voir avec le timing de l' enquête .Si on découvre qu'il y a magouille on enquête."
On ne peut qu'abonder dans ce sens. Malheureusement, notre lecteur n'a pu s'empêcher de cracher un petit jet en conclusion : "Il faut toujours se méfier des moralistes ... on général cela cache des malversations quelque parts."
Oui, je me méfie des moralisateurs, mais je ne vois pas pourquoi tous seraient des camoufleurs de pots de vin ? Palme de la phrase qui n'a rien à voir avec le sujet pour vezir !
halimi001 : "il faut dissoudre SOS Racisme. c'est une association de magouille financière et d'enrichissement des membres tels ue julien dray harlem désir ou encore le dernier dominique sopo !!"
A mon avis, ce n'est pas le même Halimi que celui évoqué plus haut. J'ose espérer qu'un secrétaire national du PS maîtrise mieux l’orthographe et la grammaire. J'ai connu le premier Dominique Sopo, mais je ne savais pas que le dernier venait de sortir, je ne l'ai pas encore vu.
Bizarre14 : "Toutes les armes sont bonnes mais les techniques de l'armée de l'ombre de Sarko vont quand même un peu loin"
La seule remarque qui va à l'encontre des autres, mais elle est peu brillante. Elle oppose le "front de la gauche des parasites qui magouillent" à "l'armée de l'ombre de Sarkozy". Ouais, la thèse du complot, c'est le panard !
Cousin Machin : "Et alors ? admettons que ce soit fait exprès par le gouvernement (ça ne m'étonnerait pas)."
Oui, admettons, mais pour en venir où ?
"Ce n'est pas la gauche, qui abuse dans ses actes d'obstrc... d'opposition et parfois de mensonge ;) qui devrait râler"
Comme si la droite n'avait jamais fait front pour bloquer un vote à l'assemblée ! Second prix de la remarque à côté de la plaque pour cousin Machin, qui devrait nous expliquer pourquoi le fait d'user du rapport de force en tant qu'opposition parlementaire réserve le droit de fermer sa gueule sur des délits de justice ?
jackpot001 : "vous savez cher monsieur, avec 80% d'une classe d'age ou presque qui a le bac, on sait ce qui se passe au lycée."
Non, pas moi ? Il s'y passe quoi ? Les lycéens apprennent bien à l'école ? Ben merde alors !
"La démocratie , elle est à l'assemblée nationale, pas dans la rue."
Ah lui, je lui donne un prix d'excellence science-po ! La démocratie, ça ne se fait pas au coin de la rue, mais QUE à l'assemblée. Pouet pouet, on croirait du De Gaulle ! Allez, la chienlit estudiantine, NON !
Dejan cite l'article : "les mobilisations lycéennes qui sont un incendie que le gouvernement a bien du mal à éteindre". Réaction digne d'un Laurent Gerra : "Initialement j'ai été tenté de proposer l'emploi du Karcher pour éteindre cet incendie, mais vu le nombre de moutons de panurge qui suivent ces défilés braillards, j'ai eu pitié pour ces gentils animaux."
Ah, heureusement qu'il n'a jamais été lycéen, lui, il n'aurait sûrement pas tant d'humour à revendre après avoir tant pait !
Au contraire jackpot001, alias "'la chienlit", encore lui, pense que Dejan l'a été, puisque : "on a tous été lyceen , et l'on sait qui manipule les lycéens : des éléments extèrieurs au lycée , membre du PS."
La vache ! C'est aussi des militants du PS qui dealent du crack devant les maternelles et qui abusent des enfants de chœur avant la manipulation mentale quand ils arrivent au lycée ? Mais quelle est la solution, Jackpot de mes couilles ?
"Il faudrait que le PS arrete de nous prendre pour des imbéciles et arrete les grèves par procuration."
Je ne dis pas qu'il n'y a pas, comme ailleurs, des socialistes qui prennent les gens pour des cons, mais il faudrait d'avantage faire quelque chose pour que les lecteurs du Figaro arrêtent de l'être.








